LES MIRACLES DE SAINT BENOIT
l’envoyé de Totila et son escorte échelonnée sur les degrés d’un escalier qui conduit à l’abbaye, d’autres visiteurs sont reçus par des moines placés au sommet d’un autre escalier. La partie inférieure est occupée par des chevaux tenus en laisse, des serviteurs qui s’empressent, des possédés et des malades qui se traînent ou qu’on apporte sur des brancards, tandis que dans le ciel on aperçoit le Christentouré de la Vierge et des saints.
Tout cela dans un pêlemêle auquel l’exécution très ache\ée par places et restée dans d’autres à l’état d’ébauche ajoute encore son animation.
Mais si Rubens a négligé de régler autantqu’il conviendrait l’ordonnance générale de ce tableau en quelque sorte improvisé, si l’on V retrouve semées un peu partout des figures déjà employées dans des œuvres antérieures, on ne songe guère à exprimer ces critiques, captivé qu’on est par cette touche alerte et prestigieuse et surtout par le charme de cette harmonie éclatante qui n’appartient qu’au maître. C’est avec la merveilleuse sûreté de son instinct et de son expérience qu’en tenant compte des besoins du tableau, il a réparti ses valeurs, rapproché les unes des autres les nuances amies, fait chanter çà et là quelques notes plus vives et plus joyeuses : les étendards qui flottent au vent, une cuirasse qui miroite, la croupe blanche d’un cheval, le jaune ou l’écarlate d’un vêtement qu’exaltent, comme d’habitude, les tons neutres de l’architecture et les gris bleuâtres d’un ciel à demi voilé. Plus à l’aise avec les dimensions moyennes de cette toile (im.Sy hauteursur 2 m.38 longueur), l’artiste s’aban-