‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 33 sur 553 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

ses confrères néerlandais. Il essaie du moins d’être lui-même, en abordant sans grand souci de la beauté ni du style la représentation du nu dans les lourdes et épaisses figures chargées de personnifier chacun de nos sens.

Quant aux tableaux de van Noort, il n’en est aucun dont l’authenticité soit certaine. La maison des Orphelines et la Salle du Conseil de l’Hospice municipal d’Anvers possèdent, il est vrai, sous son nom, un Ensevelissement du Christ et un Saint Jérôme, mais sans qu’on puisse légitimer cette attribution soit par la provenance de ces œuvres, soit par le caractère de leur exécution qui ne diffère pas sensiblement de celle des ouvrages assez ternes de son père ou des artistes médiocres de ce temps. 11 n’en est pas de même de deux autres tableaux qui lui sont aussi attribués, sans plus de fondement, mais qui n’offrent avec les précédents aucune analogie. L’un d’eux, Jésus che^ Marthe et Marie, entré assez récemment au Musée de Lille, est une peinture claire, habile, un peu sommaire, mais pleine de force et d’éclat. En la voyant, le nom de Jordaens se présente naturellement à l’esprit et sauf un peu de raideur dans le dessin des plis et quelque sécheresse dans les colorations, elle rappelle tout à fait sa facture. La figure de Marthe, celles de la femme qui entre et de l’apôtre à cheveux gris drapé dans un manteau blanchâtre, et aussi le parti de l’architecture grisâtre sur laquelle les personnages se détachent très franchement, nous paraissent bien caractériser la manière de l’élève de van Noort. Le nom de ce dernier n’a, sans doute, été proposé pour cet ouvrage qu’à raison de sa ressemblance formelle avec un autre tableau plus célèbre dont on lui assigne également la paternité, mais qui a suscité bien des controverses : nous voulons parler du Saint Pierre présentant au Christ la pièce du tribut cpaï se trouve à l’église Saint-Jacques d’Anvers, dans la chapelle de la Trinité. Peut-être les draperies y sont-elles un peu plus souples et mieux modelées, l’exécution plus large et plus libre, la couleur plus savoureuse que dans le tableau de Lille. Nous croyons cependant que ces deux peintures sont de la même main ; mais est-ce celle de van Noort? C’est là ce qui nous paraît difficile d’affirmer, et après nous être plus d’une fois posé cet irritant problème, toujours nous avons hésité à conclure.

Acceptant sans contrôle l’attribution à van Noort et tenant d’ailleurs pour vraies les anciennes imputations — aujourd’hui reconnues fausses

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