‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 335 sur 553 · VENTE DES COLLECTIONS A BUCKINGHAM · texte numérisé non relu

VENTE DES COLLECTIONS A BUCKINGHAM

P. -P. Rubens ne conservera devers lui aucun douaire, soit conventionnel ou coutumier; mais il aura en propriété absolue tous ses vêtements de toile, de laine, ou autres; item, les joyaux et les parures à son usage personnel, ainsi que son cheval de selle avec son harnachement, ses armes et ses bagues, excepté celles qui se trouvent dans les vitrines (près des agates) dont le contenu a été inventorié ».

A l’actif de la succession, nous voyons portées, outre l’habitation du Wapper, sept autres maisons situées à Anvers, dont trois attenant à la première; des propriétés à la campagne, entre autres le domaine : het hoff van Urssele, à Eeckeren; des sommes dues pour des tableaux; des rentes garanties par hypothèques sur des biens appartenant à des particuliers ou sur des emprunts contractés par des villes. Au chapitre des dépenses faites par Rubens jusqu’au 28 août 1628, date de l’établissement de l’inventaire, nous trouvons la note de son encadreur, celle de son fabricant de panneaux ou des restants de comptes soldés à des artistes, ses élèves, Cornelis Schut et Justus van Egmont, ou à d’autres tels que Martin Ryckaert, le paysagiste, et Paul de Vos, le peintre d’animaux et de natures mortes, qui reçoivent le premier 280 florins et le second 3io, probablement pour prix de leur collaboration. Diverses sommes dues à des graveurs : 900 florins à Nie. Rickemans etSoo florins à Paul Dupont (Pontiusj pour des travaux exécutés par eux et une autre somme de 64 florins pour achat de papier livré à l’imprimeur, nous fournissent la preuve que Rubens exploitait lui-même la vente de certaines estampes faites d’après ses œuvres.

L’avoir de la communauté, déjà considérable au moment de la mort d’Isabelle, avait été notablement augmenté par la vente des collections de Rubens au duc de Buckingham, réalisée peu de temps après pour le prix de 100 000 florins, chiffre que nous relevons également sur l’inventaire. C’est en 1625, on le sait, que l’artiste avait rencontré à Paris le duc et qu’il avait peint son portrait. Était-ce uniquement le goût des arts qui poussait le favori du roi d’Angleterre à faire l’acquisition des tableaux, sculptures antiques, médailles ou pierres gravées qu’avait amassés Rubens et qui faisaient de sa demeure un véritable musée. A en juger par le prix très élevé que Buckingham payait ces précieux objets, il est permis de croire qu’avec la prodigalité bien connue qui le portait à dépenser sans compter, le désir de s’assurer les bonnes dispositions du peintre dans les

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