‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 336 sur 553 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

négociations politiques engagées avec lui avait eu aussi quelque part. C’est d’ailleurs l’élévation même de ce chiffre qui seule pouvait décider Rubens à se séparer de richesses artistiques auxquelles il tenait tant. Sans doute aussi croyait-il de son devoir de ne pas laisser échapper une pareille occasion, car c’étaient les intérêts de ses enfants plus encore que les siens propres qu’il défendait ainsi. Il avait donc consenti à traiter de cette cession avec Gerbier, l’agent de Buckingham, et c’est pour s’entendre avec lui à ce sujet, en même temps que pour résoudre les difficultés alors pendantes entre l’Angleterre et l’Espagne, qu’il s’était à la dérobée rendu de nouveau à Paris au mois de décembre 1626.

Les pourparlers d’abord engagés avec Gerbier avaient été ensuite poursuivis avec l’agent du duc de Buckingham chargé plus spécialement de ces sortes de transactions, Michel Le Blond, qui pendant le cours de sa vie devait servir d’intermédiaire dans des achats d’objets d’art faits non seulement pour Buckingham, mais pour Charles L'' et surtout pour la reine Christine de Suède dont il était l’agent attitré en Angleterre. Dans ses rapports avec lui, Rubens se sentait mieux à l’aise pour discuter ses intérêts qu’avec Gerbier. Au dire de Sandrart, bien informé puisqu’il était cousin de Le Blond, l’artiste « n’avait pas montré moins d’habileté dans la conduite de cette affaire qu’il en avait dans la pratique de son art », et atin de reconnaître les bons offices rendus par Le Blond, il lui avait remis, après la conclusion du marché, la somme fort respectable de 10 000 florins pour sa commission.

Le catalogue des tableaux compris dans la vente, catalogue auquel il est fait allusion dans l’inventaire, ne nous a pas été conservé; mais, au dire de Smith, on n’y comptait pas moins de 19 peintures de Titien, 21 de Bassan, 13 de Paul Véronèse, 8 de Palma, 17 de Tintoret, 3 de Léonard de Vinci, 3 de Raphaël et 13 de Rubens lui-même : un grand paysage avec des chevaux et des figures; un autre paysage d’hiver; une Chasse au Sanglier', Cimon et Iphigénie', VErmite et Angélique ', une Tête de Méduse; la Duchesse de Brabant et son amoureux; un Portrait de Marie de Médicis ; un Marché avec le Christ ; les T rois Grâces avec des fruits ; un petit Paysage avec Effet du Soir et une Tête de vieille femme (i). La

(1) De ces tableaux de Rubens, les deux premiers se trouvent aujourd’hui dans la collection de Windsor ; le troisième à la Galerie de Dresde ; les quatrième, cinquième, sixième et septième (ce dernier porté au catalogue sous le titre Saint Pépin et Sainte ‘Bègue) au Musée de Vienne.

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