‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 341 sur 553 · REPRISE DES NÉGOCIATIONS AVEC L’ANGLETERRE · texte numérisé non relu

REPRISE DES NÉGOCIATIONS AVEC L’ANGLETERRE

nant un traité entre l’Espagne, l’Angleterre, le Danemark et les Etats- Généraux des Provinces-Unies, pour un délai de deux à sept années, pendant lesquelles on travaillerait à l’établissement définitif de la paix. Rubens ayant répondu de la part de l’Infante que, pour simplifier la question, il serait préférable que le roi d’Angleterre traitât seul avec le roi d’Espagne, en laissant les deux autres parties en dehors, Gerbier était retourné à Londres pour soumettre cette proposition à son maître. Celuici l’avait agréée, sous la réserve que les Provinces-Unies seraientégalement comprises dans l’arrangement, à raison de l’alliance très ancienne conclue entre elles et le souverain de la Grande-Bretagne ; mais ce dernier s’engagerait à faire tout son possible pour que les conditions émises par les Hollandais fussent acceptables.

Philippe IV, à qui l’Infante avait transmis ces ouvertures (17 avril 1627), tout en approuvant la réponse favorable faite par sa tante, se trouva dans un grand embarras, car le 20 mars précédent, le duc d’Olivarès et l’ambassadeur de France venaient de signer à Madrid un traité d’alliance en vertu duquel la France et l’Espagne s’engageaient non seulement à poursuivre à frais communs une guerre offensive contre l’Angleterre, mais même, en cas de succès, à partager entre elles ce pays, afin d’y rétablir la foi catholique. Pour se tirer d’affaire, avec une duplicité qui témoigne des procédés déloyaux alors en usage, Philippe IV autorisa l’Infante à poursuivre les négociations avec Buckingham, mais en cherchant à gagner du temps et sans rien conclure. Afin d’éviter les justes réclamations de la cour de France, au cas où elle connaîtrait le pouvoir remis à Isabelle, ce pouvoir était antidaté de quinze mois. Dans la dépêche du i5 juin 1627, qui l’accompagnait, le roi, avec l’esprit hautain qui lui était propre, témoignait à sa tante son étonnement et son déplaisir « de ce qu’un peintre fût employé à des affaires de si grande importance. C’est là, disait-il, une chose qui peut jeter un discrédit bien légitime sur cette monarchie, car son prestige doit nécessairement souffrir de ce que les ambassadeurs soient obligés de conférer pour des propositions d’une telle gravité avec un homme de si médiocre condition. Si le pays d’où viennent ces propositions doit rester libre dans le choix de l’intermédiaire et s’il n’y a aucun inconvénient pour l’Angleterre à ce que cet intermédiaire soit Rubens, ce choix est pour nous tout à fait regrettable ». Tout en cédant, ainsi qu’il le fallait, à cette mise en demeure, Isabelle, qui

Page 1