MERCURE ET ARGUS
(Esquisse pour le tableau du Musée du Prado.)
ville par le seul désir d’y visiter les peintres, ses confrères, et de voir leurs ouvrages. Utrecht, où de bonne heure la peinture avait été florissante, était demeurée le centre de l’école des Italianisants, et Rubens avait pu connaître à Rome ceux d’entre eux qui étaient le plus en vue. Son nom, dès lors très célèbre en Hollande, devait d’ailleurs lui ouvrir toutes les portes. Il s’était donc rendu successivement chez Abraham Bloemaert, chez Hendrick. Terbruggen et chez G. Poelenburg, qu’il avait autrefois rencontré chez Elsheimer et dont il appréciait beaucoup le talent. Autant pour contenter ses goûts que pour justifier le prétexte allégué pour son voyage, il avait même acheté à Poelenburg deux de ces tableaux dans lesquels celui-ci, de sa touche la plus moelleuse et la plus délicate, se plaisait à représenter des figures de nymphes ou de baigneuses au milieu des ruines de la campagne romaine (i). Avec Honthorst, qui, dès lôaS, avait été nommé doyen de la Gilde de Saint-Luc à Utrecht, Rubens se sentait encore plus d’affinités. Maintes fois déjà, à son exemple, dans quelques-unes de ses compositions, — notamment
(i) Ces deux tableaux figurent, en effet, sur l’inventaire dressé après la mort de Rubens.