‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 350 sur 553 · LA VIERGE ENTOUREE DE SAINTS · texte numérisé non relu

LA VIERGE ENTOUREE DE SAINTS

trône de la Vierge tous les patrons des confréries qui avaient leur siège dans cette église, l’artiste a multiplié à l’excès les personnages et la silhouette formée par eux, trop régulièrement ascendante vers la droite, est, au contraire, cahoteuse et un peu incohérente dans la partie gauche. Ce défaut, très sensible quand on regarde une photographie du tableau, disparaît presque en présence de l’œuvre ellemême. Ainsi qu’il lui est arrivé bien des fois, Rubens, avec son expérience consommée, parvient, en effet, à corriger et à dissimuler, par une intelligente répartition des tonalités, le manque d’équilibre qui pourrait résulter d’un arrangement défectueux dans les lignes de ses compositions. Bien que la grande toile du maître-autel des Augustins ait certainement souffert d’une restauration qui en a terni l’éclat, on y retrouve encore quelque trace de cette richesse de colorations qui, au cours d’un pèlerinage artistique entrepris par lui dans les Flandres à la fin du siècle dernier, faisait dire à Joshua Reynolds : « J’étais tellement frappé par la splendeur du coloris de ce tableau, qu’il me semblait n’avoir jamais vu une pareille puissance déployée dans les arts. » Dans son effacement actuel il est assurément difficile d’apprécier ce qu’était l’aspect primitif de la peinture, mais c’est à bon droit que M. Max Rooses « incline à y reconnaître la collaboration d’un élève ». Une charmante esquisse du Musée Stœdel, à Francfort, confirme absolument l’impression du savant critique, car elle porte à la fois écrits en

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