‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 356 sur 553 · TABLEAUX FAITS POUR LE ROI D’ESPAGNE · texte numérisé non relu

TABLEAUX FAITS POUR LE ROI D’ESPAGNE

depuis l’époque où, bien jeune encore, Rubens était venu en Espagne, vingt-quatre ans auparavant, dans la situation tout à fait subalterne d’un simple courrier au service du duc de Mantoue. Si la mission qu’il avait à remplir maintenant était encore peu définie et si son rôle comme diplomate devait forcément rester assez effacé, du moins le peintre était dans toute sa gloire et l’agrément de sa conversation et de sa personne allait bientôt triompher des préventions et de la raideur de Philippe IV.

Il faut bien le reconnaître pourtant, les tableaux qu’il avait apportés avec lui pour le roi n’étaient pas d’un mérite tel qu’ils répondissent à ce qu’on pouvait attendre de son talent. Les comptes de la Trésorerie Générale des Pays-Bas pour l’année i63o mentionnent au nom de Rubens une ordonnance de 7 5oo livres, « montant du prix des peintures qu’il a faites et fait faire par ordre de S. A. pour le service de S. M. et envoyées en Espagne », et en regard une apostille de l’Infante porte que « ce prix avait été convenu avec Rubens avant l’exécution de ces peintures, lesquelles sont déjà en Espagne, à la grande satisfaction du roi, qui a donné l’ordre de les payer immédiatement ». Mais en dépit de cette note, quelque doute est permis au sujet de « la grande satisfaction du roi ». En effet, si Pacheco nous apprend que « les huit tableaux de dimensions et de sujets très variés que Rubens avait apportés pour S. M. le Roi très Catholique se trouvaient exposés avec d’autres oeuvres remarquables dans la nouvelle

Si

PORTRAIT d’Élisabeth de bourbox, PREMIÈRE FEMME DE PHILIPPE IV.

(Pinacothèque de Munich.)

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