MISSION EN ANGLETERRE CONFIÉE A RUBENS
devancé par la France, avec laquelle il était évident que des négociations étaient aussi entamées. Afin de répondre à la mission de Porter, Olivarès se décida à faire partir immédiatement Rubens pour Londres en lui donnant des lettres de créance pour le grand trésorier et pour le secrétaire d’État, ainsi que des instructions très détaillées sur la conduite qu’il aurait à tenir. En conséquence, Philippe IV, écrivant le 27 avril 162g à sa tante, l’avisait de l’envoi de Rubens en Angleterre, afin d’y poursuivre les négociations en vue de la paix et de travailler préalablement à obtenir une suspension d’armes, en se conformant aux ordres qu’il avait reçus à cet égard. Il devait d’ailleurs, à son passage à Bruxelles, communiquer ses instructions à la princesse Isabelle, et une seconde dépêche du roi, datée du même jour, invitait celle-ci à faire remettre à l’artiste le montant de ses frais de retour à Bruxelles et une somme convenable pour le nouveau voyage qu’il allait entreprendre. Pour donner au peintre-diplomate l’autorité nécessaire en vue de l’accomplissement de sa mission, Philippe IV informait « sa bonne tante qu’à raison des services et bonnes parties de Rubens », il la priait de lui faire délivrer patente de l’office de secrétaire de son conseil privé, avec survivance de cette charge au profit de son fils aîné. De plus, comme témoignage particulier de sa bienveillance, le roi faisait don à l’artiste d’une bague enrichie de diamants d’une valeur de 2 000 ducats.
Rubens partit le 2g avril 162g pour Bruxelles, en hâte et sans prendre le temps de visiter sur sa route son ami Peiresc, ainsi qu’il l’eût désiré. Les regrets de celui-ci n’avaient pas été moins vifs à l’annonce de cette déconvenue, et, dans une lettre à Pierre Dupuy(2 juin 162g), il lui apprenait sa déception de n’avoir pu « le gouverner quelques jours en lui exposant ses petites curiosités ». A Paris, où il arrivait le 10 mai, Rubens descendait chez l’ambassadeur de Flandre et y faisait un petit séjour afin de mettre le baron de Vicq au courant de la situation et de se renseigner lui-même sur les dispositions actuelles de la cour de France. Il désirait, d’ailleurs, voir en place les tableaux de la galerie de Médicis et surtout être fixé au sujet de la commande, toujours pendante, des compositions à exécuter pour la galerie d’Henri IV. il avait donc visité l’abbé de Saint- Ambroise, ainsi que quelques-uns de ses amis, et, dans une lettre écrite à Peiresc le 18 mai 162g, P. Dupuy lui parle « du peu de séjour que fait M. Rubens à Paris où il a vu le palais de la Reine Mère (le Luxembourg)