CHAPITRE XV
avec tout son ameublement, et me dit n’avoir rien vu de si magnifique en la cour d’Espagne. La chambre où est son lit, qui est enfermée dans un grand pavillon, ressemble à ces lieux enchantés décrits dans les
Amadis ; il n’y a que M. de Balzac, avec ses hyperboles, capable d’en faire la description ». Après quoi, l’artiste gagnait Bruxelles, où il avait à rendre compte à l’Infante du résultat de sa mission et des circonstances nouvelles qui exigeaient son départ immédiat pour l’Angleterre.
L’absence de Rubens s’était prolongée bien au delà de ses prévisions, et les huit mois qu’elle avait durés, bien qu’il eût cherché à les employer de son mieux, s’étaient écoulés sans grand profit pour son art. Mais, au point de vue de ses intérêts et de sa fortune, le résultat dépassait ses espérances. Aux dispositions assez peu bienveillantes que le roi avait d’abord manifestées à son égard, succédait bientôt une faveur éclatante. Il revenait de Madrid comblé des marques de cette faveur et Philippe IV avait dès lors conçu pour sa personne aussi bien que pour son talent une telle prédilection que dans l’avenir il allait en quelque sorte accaparer ses œuvres pour en décorer tous ses palais.
ÉTUDE d'enfant.
(Collection de FAlberline.)
ESQUISSE d'une BACCHANALE.
(Collection de M. Ch. Stein.)