ETUDE DE CHEVAL
(Musée du Louvre.)
à voir et à étudier tant d’objets si précieux. Bien qu’il eût prié Dupuy de communiquer à Peiresc la lettre qu’il lui adressait le 8 août, l’artiste, dès le lendemain, en écrivait une autre à Peiresc lui-même, comme s’il avait à cœur de se dédommager « du silence d’une année presque entière» qu’avait subi leur correspondance. Il se plaint à son ami des obstacles apportés à son projet de passer par la Provence à son retour d’Espagne. « Libre de disposer de sa vie à son gré^ il serait déjà allé le visiter, ou il serait à ce moment même auprès de lui.... Il n’a pas cependant tout à fait renoncé à l’espoir de ce voyage en Italie, objet de tous ses vœux », et il ne voudrait pas mourir sans le réaliser. Il serait au comble du bonheur si, en le faisant, il pouvait lui présenter ses civilités dans cette séduisante Provence où il pourrait profiter de ses chers entretiens. Ainsi qu’il l’a fait à Dupuy, il vante à Peiresc les ressources de toute sorte que lui offre « cette île où, au lieu de la barbarie à laquelle on devrait s’attendre sous ce climat et à une si grande distance des élégances italiennes », on rencontre tant et de si belles collections, comme celles du roi, celle du feu duc de Buckingham où il retrouvait bon nombre d’objets qui lui avaient appartenu et surtout celle du comte d’Arundel. S’il est privé de la conversation de Selden, dont il déplore l’emprisonnement, il peut du moins fréquenter « le chevalier Cotton, grand antiquaire, remarquable par l’étendue de son savoir, et le secrétaire Boswel, que Peiresc doit aussi connaître, car il est en relations avec tout ce que le monde compte d’hommes distingués. Il aura prochainement par lui communication de certains passages concernant les débauches de Théodora, passages omis dans V Histoire Anecdotique de Procope et supprimés probablement par pudeur, dans l’édition d’Alemanni, mais qui ont été publiés d’après un manuscrit inédit du Vatican ».
En même temps que l’archéologie et l’histoire, la science préoccupe Rubens et il parle à Peiresc d’un savant hollandais nommé Drebbel, fixé en Angleterre et dont il a été déjà plus d’une fois question dans ses lettres. « Je ne l’ai encore rencontré que dans la rue, dit-il, où j’ai échangé trois ou quatre paroles avec lui, parce qu’il habite maintenant la campagne, assez loin de Londres. Il en est de lui comme de ces choses dont parle Machiavel, qui semblent, dans l’opinion du vulgaire, plus grandes de loin que de près, car, à ce qu’on m’assure, depuis bien des années on n’a pas vu de lui d’autre invention que cet instrument d’optique qui, placé perpen-