‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 381 sur 553 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Aussi, comme elles étaient restées assez longtemps roulées dans son atelier des craquelures s’y étaient produites et il avait dû réparer lui-même le dégât. Enfin, au mois de juillet i635, Charles ayant pris à sa charge les frais de sortie et d’entrée des caisses contenant ces peintures, elles furent déposées le 8 octobre suivant chez un marchand anglais fixé à Anvers nommé Wake, pour qu’il les expédiât à Londres, où elles n’arrivèrent qu’à la fin de décembre. Rubens, de son côté, délégua un homme sûr, probablement un de ses élèves, pour veiller à leur installation. Six années entières s’étaient écoulées depuis qu’elles lui avaient été commandées et il devait attendre longtemps encore leur paiement. Dans une lettre à Peiresc, datée du 16 mars i636, il lui écrit à ce propos : « Comme j’ai les Cours en horreur, j’ai chargé un tiers de porter mon ouvrageen Angleterre. Il est actuellement en place et, au dire de mes amis, S. M. en est tout à fait satisfaite. Je n’ai pourtant pas encore reçu le paiement, et cela aurait lieu de me surprendre si j’étais novice en ces affaires. » Le premier acompte de 800 livres sterling ne fut versé que le 28 novembre lôSy et le dernier de 780 livres sept mois plus tard, le 4 juin 1 638, également par l’entremise de Lionel Wake auquel Rubens avait donné tous ses pouvoirs. Enfin, le 24 mars de l’année suivante, ce même Wake fut chargé de remettre à l’artiste une chaîne d’or du poids de 82 onces 1/2, probablement en témoignage de la satisfaction du roi.

Une autre œuvre exécutée par Rubens pendant son séjour en Angleterre avait été offerte par lui à Charles P'"; c’est le tableau de Mmerve protégeant la Paix contre la Guerre, qui, ayant été vendu après la mort du roi avec ses collections, fut, au commencement de ce siècle, racheté en Italie et donné en 1828 par le duc de Sutherland à la National Galiery. La peinture qui, dans ces diverses pérégrinations a subi maint dommage et beaucoup noirci, est également une allégorie pure. Parles sombres couleurs dont il a revêtu les figures personnifiant la guerre, figures qu’il a reléguées au second plan, Rubens a cherché à faire mieux ressortir encore les tonalités joyeuses dont il pare celles de l’Abondance et des Bienfaits de la Paix, étalées au premier plan de la composition. C’était là comme un nouvel argument imaginé par lui en faveur de « ce beau chef-d’œuvre de la paix », dont il s’était efforcé d’obtenir la réalisation. Un autre rapprochement, non moins significatif, nous prouve d’ailleurs que telle était bien sa pensée. Nous remarquons, en effet, sur le devant

IMP.ORAEGER. PARIS

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