‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 384 sur 553 · REPRISE DE LA VIE STUDIEUSE · texte numérisé non relu

REPRISE DE LA VIE STUDIEUSE

Pour en finir avec cet exposé sommaire des missions diplomatiques de Rubens, il convient d’ajouter qu’à la suite de la conclusion du traité entre la cour d’Angleterre et celle d’Espagne, il avait été question de le désigner pour remplir à Londres le poste de résident, en l’absence de Coloma, rappelé en Flandre. Mais bien que les membres de la Junte fussent unanimes à reconnaître les services qu’il avait rendus, il leur avait paru difficile, ainsi que le disait au cours de la délibération le comte d’Onate, « de donner le titre de ministre de S. M. à un homme vivant du travail de ses mains ». Le secrétaire Juan de Nicolalde fut donc nommé à sa place. Cependant, tout en restant à Anvers, Rubens ne cessa pas de s’occuper de politique, car à la date du 17 novembre i63i, nous relevons dans les comptes de la Trésorerie des Flandres, comme ayant été versée au peintre une nouvelle allocation « de 5oo livres, pour être employées en affaires secrètes dont n’est besoin de faire plus ample déclaration ». Il est fort douteux, au surplus, que Rubens eût accepté de quitter de nouveau Anvers, bien que certainement sa nomination comme résident eût été fort bien accueillie à Londres où il avait laissé les meilleurs souvenirs. Répondant à une lettre du 6 avril i63i, dans laquelle Philippe IV parlait à la princesse Isabelle de la possibilité de le renvoyer en Angleterre, au cas où elle jugerait que sa présence pourrait y être utile, la gouvernante des Pays-Bas répondait à son neveu (8 juin i63i) qu’elle avait renoncé à confier à Rubens une nouvelle mission, « l’occasionne s’en étant pas présentée. Elle n’avait pas d’ailleurs rencontré chez lui la volonté d’accepter ce mandat, sinon pour quelques jours seulement ».

Rentrant chez lui après une si longue absence, lassé de tant de voyages, écœuré par la politique, l’artiste avait bien vite repris goût à son foyer, à sa vie tranquille et studieuse. Il lui avait encore fallu, il est vrai, faire plus d’un séjour à Bruxelles pour rendre compte à l’Infante de sa mission ou lui donner les éclaircissements qu’elle pouvait désirer au sujet des négociations pendantes. Ainsi qu’il résulte de deux lettres de Baltazar Moretus à Jean van Vucht, il ne s’était guère remis à peindre que vers la fin de juin i63o. Pendant ces deux années passées à l’étranger, un de ses élèves, W. Panneels, entré en 1628 dans son atelier, avait avec une grande sollicitude veillé aux intérêts de son maître et dans une déposition faite le U"" juin i63o devant les échevins d’Anvers, Rubens se louait fort des soins que Panneels avait pris de sa maison. Mais la plupart de

Page 1