‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 39 sur 553 · ŒUVRES DE VAN VEEN · texte numérisé non relu

ŒUVRES DE VAN VEEN

tion entre ces deux nuances ingrates, ie peintre a mêlé à la crudité de ce vert des lumières rosées qui, en détruisant le ton local, ne font que rendre plus fausse encore la dissonance de ce rapprochement. L’effet produit par les bleus et les verts intenses du Triptyque du Calvaire, appartenant au même Musée est peut-être plus désastreux encore ; les tons lie de vin et gris verdâtre qui les accompagnent accentuent la tristesse de l’ensemble et ajoutent à l’aspect terreux et livide des carnations. Tout en restant froide et un peu vitreuse, l’harmonie n’est pas sans délicatesse dansune A doration des Bergers de l’église d’Alost, où, avec une composition plus personnelle, van Veen est arrivé à quelque fermeté dans le dessin.

La Vierge, avec ses traits gracieux, son expression grave et pure, et la candeur charmante de son maintien, sort tout à fait du type de noblesse conventionnelle auquel l’artiste nous a un peu trop habitués. C’est pour ces impressions douces et intimes qu’il est fait et son impuissance à exprimer le mouvement et la vie s’accuse de la façon la plus fâcheuse dans les divers épisodes empruntés à VHistoire de Claudius Civilis au Ryksmuseum d’Amsterdam, aussi bien que dans la Conversion de Saint Paul du Musée de Marseille. En revanche, la Résurrection de Lazare, à l’église Saint-Bavon de Gand, nous paraît son chef-d’œuvre et en insistant sur les côtés touchants de la scène il a rencontré des accents

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