TRIPTYQUE DE SAINT-ILDEFON SE
pendant l’existence nomade et agitée des trois années précédentes. Jalouse d’occuper à son tour son peintre attitré, l’Infante Isabelle lui fournissait, dès son retour, l’occasion de manifesterses meilleures qualités par l’importante commande qu’elle lui faisait d’un grand triptyque destiné au maîtreautel de la confrérie de Saint -Ildefonse, dans l’église Saint-Jacquesde-Caudeberg, paroisse de la Cour. Fondée en i588 par l’archiduc Albert, alors gouverneur du Portugal pour le compte de Philippe II, cette confrérie qui se recrutait parmi le personnel des officiers et des serviteurs attachés à sa maison, avait été également établie par lui en i6o3 dans les Flandres, quand il y fut placé à la tête du gouvernement avec son épouse, la princesse Isabelle. Devenue veuve, celle-ci, pour consacrer à la fois le souvenir de son mari et celui de la fondation qui lui était due, avait pris à sa charge les frais de la décoration de l’autel en marbre de la chapelle de Saint - Ildefonse et du tableau que Rubens exécuta pour elle. 11 semble que dans l’ordonnance générale de la composition le maître se soit rappelé la disposition de la grande toile qu’il avait peinte au début de sa carrière pour le duc Vincent de Gonzague et dont les débris sont exposés au Musée de Mantoue. Ainsi que dans cette œuvre de sa jeunesse les deux donateurs étaient représentés accompagnés l’un et l’autre de leurs patrons sur chacun des volets du panneau central. Celui-ci était