CHAPITRE XVII
fît peindre la galerie de son palais par Josépin d’Arpino, qui ne désire que d’avoir l’honneur de la servir et d’entreprendre et parachever cet ouvrage pour le prix que Rubens a eu de l’autre galerie qu’il a peinte. » Ébranlée par ces ouvertures et n’entendant plus rien de Rubens, la Reine Mère s’était adressée au cardinal Spada, pour lui demander à quel peintre elle pourrait confier ce travail et pour savoirs! Guido Reni, alors très en vue, consentirait à s’en charger. Sur la réponse du cardinal que Reni était retenu à Bologne et que Josépin était trop âgé pour venir à Paris, mais qu’à leur défaut, le Guerchin pourrait les suppléer, Marie de Médicis avait maintenu la commande à Rubens. Mais celui-ci n’était pas au bout de ses peines. Vers les mois d’octobre-novembre i63o, tout en assurant Dupuy (i) des obligations qu’il a à M. l’abbé de Saint-Ambroise, « car sans ses bonnes grâces, il ferait son compte d’avoir perdu sa fortune en France, sans plus penser à l’ouvrage de la Reine Mère », il regrette les malentendus qui se sont produits au sujet des dimensions des tableaux. 11 s’était cependant conformé de tout point aux indications précises qu’il avait reçues de M. l’abbé, « et s’étant gouverné selon ses ordres, ayant fort avancé quelques-unes des pièces des plus grandes et des plus importantes, comme le Triomphe du Roy, du fond de la galerie », voici qu’on revient sur les mesures données pour les modifier en retranchant deux pieds sur la hauteur et en perçant çà et là des portes. « Il sera donc contraint d’estropier, gâter et changer tout ce qu’il a fait.... Aussi s’est-il plaint à l’abbé lui-même, le priant, pour ne pas couper la tête au Roy assis sur son chariot triomphal, de lui faire grâce d’un demy pied et aussi lui remontrant l’incommodité de l’accroissement des portes susdites.... J’ai dit à la ronde, ajoute-t-il, non sans quelque irritation, que tant de traverses au commencement de cet ouvrage me semblaient de mauvais augure pour espérer un bon succès, me trouvant abattu de courage et à dire la vérité, aulcunement dégoûté par ces nouveautés et changements, à mon très grand préjudice et de l’ouvrage même lequel diminuera grandement de splendeur et de lustre pour ces retranchements. Toutesfois si on les eût ordonnés de la sorte au commencement, on pouvait faire de la nécessité vertu; ce non obstant, je suis tout prêt
(i) Ainsi que nous l'avons dit, contre l’habitude de Rubens, cette lettre est écrite en français pour pouvoir être communiquée. ■■ en cas qu'il en fût besoin », à M. de Saint-Ambroise.