‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 407 sur 553 · LETTRE DE RUBENS A OLIVARES · texte numérisé non relu

LETTRE DE RUBENS A OLIVARES

pire politique qu’on puisse pratiquer en ce monde, tout commerce entre les hommes étant fondé sur la confiance ». Au nom de tout son passé, Rubens proteste ensuite de son amour constant pour la paix ; « il se retirerait de cette affaire, s’il voyait que la Reine Mère ou Monsieur cherchent à provoquer une rupture entre les deux couronnes ». Tous deux assurent que tel n’est pas leur but, « car, à se servir ouvertement des armes de l’Espagne contre le cardinal qui se couvre de la personne et du manteau du roi de France, ils deviendraient tellement odieux aux Français que ce serait la ruine de leur parti. Monsieur se rendrait en quelque sorte par là incapable de succéder à la couronne de France, à laquelle il est aussi éloigné d’aspirer pendant la vie de son frère, qu’il est en revanche, certain de l’obligation de se défendre contre les violences du cardinal. S’il prend les armes, c’est par nécessité, ne pouvant plus trouver de garantie dans aucun genre de paix, ni pour la vie de sa mère, ni pour la sienne propre ».... 11 compte d’ailleurs, en France, un parti très important et Rubens énumère, non sans quelque complaisance, les forces dont il dispose. Mais sur ce point il convient de s’en rapporter à sa parole, car les engagements doivent demeurer secrets; tant que le parti n’est pas constitué, aucun ne peut se découvrir. La haine qu’excite le cardinal va toujours croissant et elle augmentera de plus en plus le nombre des mécontents. Entrant alors dans le détail des troupes qui peuvent être mises surpied par les partisans de Monsieur, il insiste sur la nécessité de fournir le plus tôt possible les subsides destinés à payer ces levées, car il faut agir promptement, et, ainsi que l’a dit le marquis de la Vieuville : « Si on laisse refroidir cette ardeur propre à la nation française sans profiter du premier mouvement, on donnera du temps aux artifices du cardinal » et tout ira en fumée. Faute de cette assistance prêtée en temps utile, Monsieur perdra auprès des siens un crédit qu’il ne pourra pas retrouver. « La somme qu’il demande pour le moment est si minime qu’il ne semble même pas vraisemblable qu’elle puisse amener un si grand résultat. » Les encouragements et les secours donnés publiquement aux Hollandais par les Français autorisent pleinement les Espagnols à leur rendre la pareille. Quant à la somme nécessaire pour mettre Monsieur à cheval, elle est de 3ooooo écus d’or, à 12 réaux l’écu, ce qui n’équivaut pas même à la provision de deux mois pour les Pays-Bas. On est d’ailleurs animé en Angleterre de bonnes dispositions à l’égard de Monsieur, et il « serait à

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