CHAPITRE XVIII
rente ne manifeste ni embarras, ni fausse pudeur. Elle a pris évidemment la pose que lui a indiquée son mari : les seins sont pressés et relevés par le bras droit; la main gauche, petite et mignonne, maintient
sur le ventre un pan de l’épaisse pelisse. Dans ce portrait trop exact, les formes qui ne brillent point par l’élégance, ont été scrupuleusement copiées. Les chairs n’ont plus la fermeté primitive et l’on découvre sur le torse la trace indéniable des compressions du corsage et sur les jambes, aux rotules très accusées, celles des jarretières. Si le type manque de distinction, la peinture est séduisante par l’expression de vie et de jeunesse. Le noir franc de la pelisse, le rouge du tapis et le brun du fond rehaussent encore l’éclat des carna-
DIDOX SE nOXXANT LA MORT.
(Collection de JI. C. de Beistegni.) tlORS, Ct quaot aU mO-
delé, bien que très finement étudié, il a conservé toute sa fraîcheur. Mais si l’œuvre fait honneur à l’artiste, l’époux avait compris qu’une image si véridique ne devait pas sortir du secret de l’atelier, et dans son testament il prenait soin de spécifier qu’elle ne ferait point partie des tableaux mis en vente après sa mort.
Sans même parler de ces portraits fidèles, Hélène a aussi servi de modèle pour toute une suite de compositions destinées à célébrer sa beauté. Ce ne sont, à vrai dire, que de simples études faites d’après elle