CHAPITRE XVIII
Mais ce n’était point là pour lui une étude abstraite. En examinant ces divers ouvrages, en réunissant, comme il le faisait, les copies des monuments originaux, le maître cherchait surtout à pénétrer plus avant
dans la connaissance de la vie des anciens, et il s’appliquait à en reconstituer lui-même des représentations aussi exactes que possible. Si précieux que fût pour lui son savoir archéologique, il ne devait jamais paralyser les facultés créatrices d’un artiste épris avant tout de la vie et du mouvement. Le sens pittoresque domine de haut chez lui l’esprit critique. Il nous a, du reste, laissé lui-même l’expression formelle de sa pensée à cet égard dans une courte étude sur V Imitationdes Statues{\) dont quelques passages méritent d’être rapportés. « Il v a, dit-il, des peintres pour lesquels cette imitation est très utile ; d’autres pour lesquels elle est à ce point dangereuse qu’elle va jusqu’à anéantir chez eux l’art lui-même. A mon a\is, pour atteindre la perfection suprême, il est nécessaire non seulement de bien connaître les statues, mais de s’en être comme approprié le sens intime. Cependant il ne faut user que judicieusement de cette connaissance, en se dégageant absolument de l’œuvre elle-même; car un grand nombre d’artistes inhabiles et quelques-uns mêmes de
(i) C’est à de Piles que nous devons la copie du texte latin de cet écrit dont l’original est aujourd’hui perdu et dont il adonné une traduction française dans son Cours de peinture par principes; Paris, iço'i, p. i3q.
BETIIS.\BÉE.
(Galerie de Dresde.)