‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 432 sur 553 · L’OFFRANDE A VÉNUS · texte numérisé non relu

L’OFFRANDE A VÉNUS

centre, cette belle fille qui, d’un geste superbe, présente avec tant de grâce un miroir à Vénus pour que celle-ci contemple sa beauté; à droite, ces deux femmes vêtues de noir et tenant en main des poupées mignonnes qu’elles vont consacrer à la déesse; puis ce vol et ces rondes de petits

l’offrande a VÉNUS.

{Musée de Vienne.)

amours chargés de fleurs et de fruits, qui s’embrassent et gambadent joyeusement au pied de l’autel. Mais la partie gauche est peut-être supérieure encore avec ces élégantes figures de nymphes dont les corps pleins de souplesse ondulent ou se cambrent, excités par la danse lascive. Leurs cavaliers, deux hommes vigoureux et un satyre, les pressent, enivrés de sensualité : les bras entourent les tailles, les bouches se cherchent, les mains s’égarent et, soulevée par le satyre qui la serre palpitante contre son torse basané, Hélène, encore Hélène! tourne à demi vers le spectateur sa jolie tête, rieuse et pâmée. La nature ellemême semble participer à la fête : le ciel est bleu, semé de flocons d’argent, et près des arbres aux ombrages amoureux, sous un rocher que couronne un temple aux blanches colonnades, une source s’épand en cascades où vont s’abreuver des essaims d’amours. Partout des images séduisantes, des formes heureuses, des tons nacrés: des gris perle, des roses tendres, des verts frais, avec des transparences opalines, faites

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