‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 446 sur 553 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

plus niudérés et des ombres plus blondes, il obtient un aspect plus puissant. La répartition des tonalités est aussi mieux combinée pour mettre en pleine \aleur les colorations qui doivent prédominer. Ici, la

robe blanche à broderies d’or de la reine et son manteau blanc et or doublé d’hermine, en reportant sur elle l’attention, donnent tout leur éclat aux bleus et aux jaunes qui avoisinent cette figure et forment avec les rouges habilement répartisdans le tableau une harmonie aussi puissante que délicate. Ainsi que le remarque, du reste, très judicieusement M. Max Rooses (I), dans ces œuvres de la dernière manière l’exécution ' l’emporte sur la conception et les qualités

dessin. Des obser^ations analogues s’adresseraient également à un Couronnement de Sainte Catherine peint en i633 pour l’église des Augustins de Malines (2), où, à côté de la Sainte et de Sainte Marguerite qui par la grâce de leur attitude et de leur tournure rappellent un peu les femmes de Paul Véronèse, nous retrouvons dans la Sainte Appoline une des figures du Jardin d' Amour.

Comment pourrait-on s’attendre d’ailleurs que dans la production sans trè^■e qui distingue cette époque, tout lût d’égale valeur et qu’on n’y

picturales sur celles du

.M.VRTVUK ÜIC s. VI. N T L I li V 1 N.

Ksquisse du lableau du Musée de Bruxelles (Colleclion de M. K. Kann.)

(i (Euvrc de Rubens, IV, p. 7.

2 Ce tableau se trouve aujourd'liui dans la Galerie du duc de Rutland à Belvoir-Castle.

l’abondance.

(Collection de M. le baron Edmond de Rothschild. )

résultât pour lui de ce travail excessif, plusieurs des œuvres de Rubens cà ce moment supportent assez mal la comparaison avec celles que nous venons de mentionner. De ce nombre est V Enlèvement des Satines de la « National Gallery ». On comprend que l’artiste ait été séduit par le mouvement et l’éclat qu’autorise une pareille scène, par la facilité qu’elle lui offrait de peindre dans un beau décor une foule de jolies filles éplorées. Mais si l’ordonnance pompeuse de la composition et la richesse du

L’ENLÈVEMfâNT DES SABINES. 497

pût constater ni faiblesses, ni redites. Soit que tout entier aux joies de la création il se laisse emporter par sa facilité naturelle, soit que certains sujets parlent moins à son esprit, soit enfin qu’une fatigue momentanée

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