‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 458 sur 553 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

offertes pour organiser des tableaux vivants dans lesquels les membres de ces sociétés, en costumes faits pour la circonstance, devaient figurer l’arbre généalogique de la maison d’Autriche et une scène allégorique en

l’honneur de l’archiduc.

A raison de l’accroissement considérable des dépenses, les crédits avaient été dépassés de plus du double et la dépense s’étant élevée audessus de 78 000 florins, le paiement du déficit qui en résulta dans les finances de la cité devint plus tard la source de longues contestations entre les magistrats et les bourgeois. Il est vrai que ce fut là une fête telle que la ville d’Anvers, avec la riche pléiade d’artistes qu’elle possédait alors, pouvait seule l’organiser;

LARc DE TRIOMPHE DE FERDINAND. ellc avait donc saisi avcc

(Fac-similé de la Gravure de van Thulden.)

empressement 1 occasion qui s’offrait à elle de se parer du talent de ces artistes afin de rendre hommage à son nouveau souverain. En même temps qu’il s’agissait pour elle de s’assurer les bonnes grâces de l’archiduc en célébrant à la fois l’antiquité de sa race et l’éclat de la victoire qu’il venait de remporter, le Magistrat entendait bien profiter de sa présence pour lui adresser l’expression de ses vœux et même de ses légitimes revendications au sujet du tort que la situation qui lui était faite causait à sa prospérité. Anvers, en effet, n’avait pas à se louer de la politique de ses gouvernants et les traités déjà conclus, aussi bien que ceux qui se préparaient encore, en entravant la libre navigation de l’Escaut, menaçaient de plus en plus son commerce. Aux louanges adressées au prince il fallait

DÉCORATION DE LA VILLE D’ANVERS

donc associer, dans une juste mesure, les requêtes qu’on désirait voir exaucées. On pouvait, il est vrai, s’en rapporter à Gevaert du soin de donner à ces louanges officielles l’expression la plus raffinée dans le latin le plus fleuri; mais sans trop appuyer sur les plaintes qu’on avait à formuler, ni sur les réparations qu’on voulait obtenir, il était cependant nécessaire de se faire bien comprendre, et cette partie du programme était assurément très délicate. Si difficile qu’en fût la réalisation, l’intelligence et le patriotisme de Rubens s’élevèrent à la hauteur de sa tâche. La besogne, au surplus, n’était pas nouvelle pour lui, et il y trouvait la satisfaction de ses goûts. I! avait pour se renseigner non seulement les traditions du passé, mais les souvenirs mêmes de son propreapprentissage,car dès sa jeunesse il avait probablement eu l’occasion de collaborer avec son maître, van Veen, aux décorations dont celui-ci était chargé lors de l’entrée à Anvers de l’archiduc Albert et de l’Infante Isabelle, le 5 septembre i5gg. Cependant il n’était pas homme à se confiner dans l’imitation des autres et par leurs qualités comme par leurs défauts, ses conceptions devaient avoir un caractère très personnel.

Le grand artiste avait dû tout d’abord s’occuper de la partie architecturale qui dans les ouvrages de ce genre joue un rôle si important. Une

l'arc de triomphe de l’abbaye de saint-miciieî..

(Fac-similé de la Gravure de van Thulden.)

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