‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 46 sur 553 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

des artistes, il était en même temps amoureux de toutes les belles femmes. Joueur effréné, également fier de ses chevaux, de ses meutes et de ses comédiens, il était incapable de résister à aucune de ses nombreuses passions.

Son esprit ouvert, le soin qu’on avait pris de son éducation, les promesses même de sa jeunesse auraient fait présager un meilleur emploi

de sa vie. D’abord fidèle aux traditions de ses ancêtres, on pensait qu’il aurait à cœur de soutenir le rang et l’éclat de sa famille. Les exemples ne lui manquaient pas, en effet, et entre toutes les résidences princières de l’Italie, cette petite cour de Mantoue avait pris une des premières places, luttant d’élégance et de distinction avec ses voisines. Les noms de Louis III et de son intelligente compagne, Barbe de Brandebourg, et plus encore celui d’Isabelle d’Este, mariée au marquis Jean-François II, étaient restés associés à la première période et à la pleine maturité de la Renaissance. Grâce à leur généreuse initiative, les princes mantouans avaient su compter parmi leurs clients ou leurs amis des lettrés comme l’Arioste et B. Castiglione, des artistes tels que Pisanello, L. Battista Alberti, Donatello, Pérugin, Léonard, Corrège et Lorenzo Costa. Après Mantegna, qui avait passé à Mantoue les quarantesix dernières années de sa vie et y avait produit maints chefs-d’œuvre, Jules Romain, sollicité par Frédéric de Gonzague, était venu s’y établir dès l’âge de vingt-cinq ans, et il y multipliait, jusqu’à sa mort, en iSqô, les témoignages de son activité comme ingénieur, comme architecte, comme décorateur et comme peintre.

Avant d’exercer le pouvoir, Vincent avait paru se modeler sur les exemples mémorables laissés par ses prédécesseurs. En i586, quand 'il n’était encore que prince héréditaire, il avait joint ses efforts à ceux de Léonore d’Autriche, sa mère, pour obtenir la liberté du Tasse empri-

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