‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 460 sur 553 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

d’Anvers la bienveillance du dispensateur de toutes les grâces, Rubens n’épargnera ni les allusions délicates, ni ces grosses adulations qui alors étaient de mise. Les divinités de l’Olympe et les figures allégoriques des Vertus les plus hautes feront cortège au prince et multiplieront pour lui, jusqu’à les épuiser, toutes les formes du panégyrique. Même sans l’aide des devises qui leur servent de commentaires, l’artiste, avec une souplesse et une clarté souveraines, expliquera nettement ses intentions. Le choix des motifs, les gestes et les actions des personnages, les attributs qui les accompagnent ne laissent au spectateur aucune hésitation.

Nous ne pouvons que mentionner ici celles de ces toiles qui, après avoir fait partie de ce vaste ensemble, se trouvent aujourd’hui dispersées dans plusieurs collections de l’Europe, où elles ne sont d’ailleurs arrivées qu’après maintes vicissitudes et assez gravement détériorées pour la plupart. Le Musée de Vienne en possède trois : la Rencontre de r Archiduc et du Roi de Hongrie sur le champ de bataille de Nordlingue, et les portraits de ces deux princes; deux autres portraits, tous deux -de la main de Rubens, ceux de l’archiduc Albert et de l’infante Isabelle, appartiennent au Musée de Bruxelles, et deux grandes figures en grisaille au Musée de Lille; enfin Neptune apaisant les flots, connu sous le nom de Quos ego ! retouché par le maître et qui fut acquis en 1742 par le comte de Brühl, est aujourd’hui exposé à la Galerie de Dresde. Mais avec leur facture sommaire et un peu grosse, ces épaves échappées à la destruction ne sauraient guère donner l’idée de l’ensemble tel que l’artiste l’avait conçu. C’est dans celles de ces esquisses qui sont parvenues jusqu’à nous que nous pouvons apprécier d’une manière plus complète l’originalité et la richesse de ses compositions, l’esprit et le charme incomparable de son pinceau. Fort heureusement, le plus grand nombre de ces esquisses nous a été conservé; mais, comme les grandes toiles auxquelles elles avaient servi de modèles, elles sont aujourd’hui disséminées à travers l’Europe : en Angleterre, chez le marquis de Bute, celle du Temple de Janus, et chez M. Abraham Hume celle du tableau du Musée de N'ienne ; chez M. Léon Bonnat celle du i?e//éro/'/zon ; au Musée d’Anvers, celles des deux faces de l’Arc de Triomphe de la Monnaie. Enfin la Galerie de l’Ermitage ne possède pas moins de sept de ces esquisses, toutes d’une conservation excellente et provenant du célèbre cabinet de lord Robert W'alpole : Cinq Statues de Souverains de la Maison de

Cardinal Injant ; le Départ de Mercure et le Temple de Janus. L’étude de ces divers fragments est particulièrement instructive. Nulle part, en effet, le génie de Rubens, la vivacité et la richesse de son imagination n’apparaissent d’une manière plus éclatante. Avec la promptitude com-

DÉCORATION DE LA VILLE D’ANVERS. 521

Habsbourg-, le Cardinal Infant prenant congé de Philippe IV ; les Victoires du Cardinal Infant (au nombre de deux; ; VA pothéose du

ESQUISSE nu BELLÉROPHON EXÉCUTÉE POUR L.\ DÉCORATION DE I.’ENTRÉE TRIOMI’II AI.E DE l’archiduc FERDINAND (l635).

(Collection de M. Léon Donnât.)

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