LE TOURNOI
(Musée du Louvre.)
apparence, le pays, du moins, n’a pas changé, ce grand pays aimable, ouvert et riche, avec ses eaux abondantes, ses cultures variées, ses vastes horizons, avec ses avenues et ses plantations si nombreuses que, vues à distance, elles donnent l’illusion de forêts étendues. Telle qu’elle est, assurément, cette contrée n’a pas grand caractère ; mais peut-être plaisait-elle mieux ainsi à Rubens. Comparées à la réalité, les interprétations qu’il nous a données nous font, en tout cas, mieux comprendre quel était son idéal, à quel secret instinct il obéissait dans le choix de ses motifs ; quels traits de cette nature simple et modeste lui paraissaient surtout dignes d’être mis en lumière. Quant à la satisfaction qu’à ce moment de sa carrière il trouvait à peindre ces paysages, elle nous est assez prouvée par leur nombre et leur importance. Presque tous étaient demeurés dans son atelier et, à ce titre, ils figurent dans l’inventaire dressé après sa mort.
Il importe cependant de séparer en deux catégories bien distinctes les