‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 479 sur 553 · LETTRES A PEIRESC · texte numérisé non relu

LETTRES A PEIRESC

bitude et de plus V. S. attend de moi une réponse à sa dernière du 19 juin qui m’est parvenue il y a deux jours. »

Suivent quelques détails relativement à l’affaire engagée contre les contrefacteurs de ses estampes. Ses adversaires ayant fait valoir comme principal argument pour l’annulation de son privilège « qu’il tire de France des sommes énormes avec ses gravures », il déclare cet argument « tellement faux qu’il serait heureux d’affirmer par serment n’avoir jamais envoyé en France, soit directement, soit par des tiers, d’autres exemplaires de ses gravures que ceux qui étaient destinés à la Bibliothèque royale, ou à être offerts en cadeau à des amis». Du reste, il serait disposé à traiter avec ses adversaires, car il est un homme pacifique, ayant horreur de la chicane et de toute autre sorte de discussion comme de la peste, et il estime que le premier vœu de tout galant homme est de pouvoir vivre en paix, à l’abri de toute contestation publique ou privée, et de rendre beaucoup de services, sans jamais nuire à personne... Je suis peiné, poursuit-il, que les rois et les princes ne soient pas d’une humeur pareille, car ce sont les petits qui paient toutes leurs fautes, quiquid illi délirant, plectuntur Achivi. « Ici la situation a bien changé de face, et de défensive que la guerre était pour nous, nous voici, avec un grand avantage, passés à l’offensive, de sorte qu’au lieu d’avoir, comme il y a quelques semaines, soixante mille ennemis au cœur même du Brabant, nous sommes aujourd’hui, en pareil nombre, maîtres du pays. » Rubens s’étonne que deux armées aussi imposantes, conduites par des chefs fameux, n’aient pu jusqu’à présent aboutir qu’à de misérables résultats et il espère que l’intervention du pape, celle du roi d’Angleterre, et avant tout celle de Dieu préserveront l’Europe de laconflagration générale dont elle est menacée et qui aboutirait à sa ruine. « Mais laissons, dit-il, le soin de ces affaires publiques à ceux qui en ont la direction et consolonsnous en nous entretenant de nos petites bagatelles. » Il commente ensuite très doctement les vases dont il a reçu les empreinte et déclare qu’il s’empressera de renvoyer la boîte qui les contenait pleine d’objets, non pas de valeur égale, mais du moins en même nombre. Puis, pour répondre, sans doute, à des questions que Peiresc lui avait posées, il lui parle des merveilleuses expériences scientifiques d’un Jésuite, le P. Linus, alors professeur au collège de Liège et à propos d’un problème d’optique qui probablement lui avait aussi été soumis par Peiresc, il se défend « d’être

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