CHAPITRE XXI
aussi versé en ces matières que le pense son correspondant. Il ne croit pas que ses observations à cet égard méritent d’être consignées par écrit ; mais il lui dira volontiers tout ce qui se présentera à son esprit, ne fût-ce que pour l’amuser de son ignorance ».
Dans une autre lettre à Peiresc, écrite d’Anvers le 16 mars i636, Rubens s’excuse de n’avoir pu lui répondre aussitôt qu’il aurait voulu ; mais il a dû passer, bien malgré lui, quelques jours à Bruxelles pour une art'aire particulière et non, ainsi qu’il le dit, « pour certains offices que \’. S. suppose; je le certifie en toute sincérité, priant V. S. de croire entièrement à ma parole. Je confesse pourtant qu’au début je fus prié de m’employer pour des affaires de ce genre; mais comme je n’y trouvais pas une occupation à mon goût et qu’on éleva des difficultés à propos de de mon passeport, profitant de quelque diversion, pour ne pas dire de quelque tergiversation venant de mon fait, comme il ne manque pas de gens très a\ ides de s’entremettre en pareilles occasions, j’ai pu continuer à jouir de la paix domestique et avec la grâce divine, je me suis trouvé et me trouve encore très satisfait et tout disposé à servir V. S. en demeurant au logis ». Il aurait bien à répondre à la fausse et inique interprétation que ses adversaires ont donnée de l’arrêt rendu contre eux dans l’artaire relative au privilège de ses gravures; mais, au lieu de s’étendre à cet égard, il préfère donner à Peiresc le commentaire qui lui paraît le plus vraisembable au sujet d’une pierre gravée avec un paysage antique. Il pense qu’elle représente un que la peinture est d’une bonne
exécution, mais avec cette absence totale de perspective qu’on trouve dans la figuration des monuments sur les pierres gravées, même des bonnes époques, car, en dépit des préceptes excellents formulés par Euclide, ces règles n’étaient pas alors aussi connues qu’elles le sont devenues depuis. En même temps que cettre lettre, Rubens envoie à son ami des dessins, d’après des médailles et une copie d’un bas-relief de la guerre de Troie, exécutés de la grandeur des originaux par un de ses élèves et il espère que Peiresc a déjà reçu son Essai an sujet du coloris. Ce petit traité, venant d’un tel maître, eût été particulièrement précieux, et s’il n’a pas été détruit, peut-être se retrouvera-t-il quelque jour dans un des dépôts où ont été recueillis les papiers avant appartenu à notre érudit provençal.
La lettre suivante, datée de Steen le 4 septembre i63b, est, à notre connaissance du moins, la dernière que Rubens ait écrite à Peiresc. Il