‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 48 sur 553 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L’année précédente, en iSgg, Vincent dont la santé était un peu compromise par les fatigues de ses campagnes en Hongrie et aussi par les excès auxquels il se livrait, était allé, sur le conseil de ses médecins, prendre les eaux de Spa. Ayant, après sa cure, passé quelques jours à Anvers, il y était entré en relations avec François Fourbus, l’habile portraitiste, et l’avait engagé à son service. Cependant, quoique près d’une année fût déjà écoulée depuis lors. Fourbus n’était pas encore arrivé à Mantoue, et soit qu’il eût à terminer quelques travaux commencés dans sa patrie, soit qu’il attendît une occasion pour ne pas faire seul le voyage, il avait différé son départ jusqu’à ce qu’il trouvât pour compagnon de route un enseigne envoyé par le duc pour conduire au prince d’Orange des chevaux élevés dans les haras de son maître. On peut se demander comment ayant déjà attaché Fourbus à sa cour, Vincent venait encore de lui adjoindre Rubens. Faut-il voir là une nouvelle preuve de l’étourderie ou de la versatilité du prince? Ou bien peut-être comptait-il donner à ses deux peintres assez de travail pour les occuper suffisamment tous deux? Cette dernière hypothèse nous semble la plus vraisemblable, car il poursuivait à ce moment, et avec une grande ardeur, deux projets fort différents, désireux qu’il était de réunir à la fois dans ses collections les copies des madones les plus célèbres et les portraits « de toutes les plus belles dames du monde, princesses ou particulières ». On peut croire que de ces deux projets, le dernier lui tenait le plus au cœur.

A son retour de Venise, le duc ne fit guère que toucher barres à Mantoue, car il était appelé à bref délai à Florence, où il arrivait, le 2 octobre, pour le mariage de sa belle-sœur, Marie de Médicis, qui, en épousant Henri IV, allait devenir reine de France. De grandes fêtes se préparaient dans cette ville, et Vincent n’avait garde de manquer une si belle occasion de déployer tout son faste. Il avait donc amené avec lui Rubens et comme Fourbus se trouvait aussi, à point nommé, à Florence, il est permis de penser que leur maître songeait à les utiliser tous deux pour conserver le souvenir des réceptions et des cérémonies magnifiques qui eurent lieu à ce moment.

Les fêtes terminées, le duc s’était rendu à Gênes pour y faire un assez long séjour et Rubens l’avait sans doute accompagné. En rentrant, vers Noël, à Mantoue avec le prince, le jeune peintre y passait ensuite plus de

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