LETTRES A PEIRESC
s’excuse une fois de plus de son long silence, qui n’est cependant pas tout à fait imputable à sa paresse, encore moins à un refroidissement de son affection. <■< Mais voici déjà quelques mois qu’il a quitté Anvers
DIANE ET CALISTO.
(Musée du Prado.)
pour se retirer dans une campagne assez éloignée, écartée de la grande
route, où il lui est par conséquent très difficile de recevoir des lettres et
aussi d’y répondre. » Ayant oublié d’emporter avec lui la dernière lettre de Peiresc et les dessins qu’il avait reçus de lui peu de jours avant son départ, il n’a pu répondre comme il l’aurait voulu à cette aimable missive; mais il le fera « dès son premier retour à Anvers, qui, il l’espère, aura lieu dans peu de jours ». Les obligations qu’il avait déjà contractées envers Peiresc se sont encore singulièrement accrues par l’envoi du dessin colorié qu’il désirait tant et aussi par la copie de cette peinture
antique découverte à Rome au temps de sa jeunesse, oeuvre unique et comme telle fort admirée par tous les amateurs de la peinture et de l’antiquité. « Bien que cet envoi m’eût été remis sans lettre, dit-il, l’inscription de l’adresse et surtout la qualité du présent m’en firent assez connaître Fauteur et, à dire vrai, V. S. ne pouvait me faire un cadeau plus agréable, ni plus en rapport avec mes goûts et mes désirs; car, bien que le talent du copiste ne soit pas excellent, il a du moins cherché à imiter scrupuleusement l’original, et il en a reproduit avec une grande