‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 496 sur 553 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

maître Toussaint Guyot, notaire officiel du Conseil secret de Sa Majesté, déclare suivant les formules consacrées que sont comparus devant lui « Messire Rubens, chevalier, et sa femme légitime Hélène Fourment, tous deux connus de lui, sains de cœur, d’esprit et de mémoire,... bien que le prénommé Sire soit souffrant de corps et alité ». Ce n’est donc pas sous forme de dispositions prises isolément par Rubens, mais sous forme de testament réciproque qu’est rédigé cet acte qui témoigne une fois de plus des sentiments d’ordre et d’équité auxquels à ce moment suprême le maître tient à se conformer (i).

Le testament annule toutes les dispositions prises antérieurement par les deux conjoints qui choisissent pour lieu de leur sépulture l’église Saint-Jacques et abandonnent le soin de régler leurs funérailles au bon vouloir du dernier survivant, des exécuteurs testamentaires et tuteurs des enfants mineurs. Une somme de loo florins est laissée à la fabrique de l’église et une autre de 5oo florins aux pauvres honteux de la ville d’Anvers. Le testateur déclare que si de son vivant il n’a pas été livré au S"" J. Moermans une peinture semblable à celle qu’il lui a promise, on lui donnera satisfaction immédiatement après sa mort. Messire Albert Rubens, fils aîné de M'"*^ Isabelle Brant et secrétaire du Conseil secret de Sa Majesté, prélèvera sur la succession tous les livres de la bibliothèque et, par moitié pour chacun avec son frère Nicolas, toutes les agates et médailles, excepté les vases en agate, jaspe ou autres pierres précieuses, sous la condition de ne pouvoir vendre lesdites agates et médailles que d’un commun accord et « de n’élever au sujet des dispositions du testament aucune contestation, ni litige, sous peine de déchéance des legs ainsi prélevés».

« Si le testateur meurt le premier, il donne, lègue et délaisse une part d’enfant à la dame testatrice, son épouse légitime, dans tous les biens laissés par lui, en dehors des bijoux qui lui ont été donnés par son mariage (et la liste de ces bijoux est donnée à la suite), ainsi que tous les vêtements de laine, soie, or et argent, et le linge servant à son usage personnel, comme aussi la moitié de tous les biens de communauté et

i) Une copie complète de cette pièce si intéressante découverte récemment dans les archives du château de Gaesbeek appartenant à la marquise Arconati-Visconti, a été communiquée au public par M. J. Caraphout, puis traduite dans scs principales dispositions par M. Ed. Bonaffé [Gazette des Beaux-Arts, 1891, II, p. co5) et enfin publiée intégralement par M. P. Génarddans le Buttetin Rubens, 1895, p. laS.

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