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LA SUCCESSION DE RUBENS

cins, aux Carmes, et une collation avec du pain blanc aux sœurs Clarisses. Le total des dépenses faites à cette occasion par la famille s’élevait à environ i 000 florins. Les pauvres n’avaient pas été oubliés : une somme de 100 florins était léguée à la fabrique de l’église Saint-Jacques et une autre de 5oo florins aux aumôniers de la ville pour être distribuée aux pauvres honteux. De plus, 800 messes mortuaires pour le repos de l’âme de Rubens furent célébrées dans diverses églises spécifiées : à Anvers, à Malines et à Ellewyt, la paroisse de Steen. Enfin, pendant six semaines consécutives, chaque jour une messe fut dite à l’église Saint- Jacques par le chapelain Willem van Meldert et durant tout ce temps cette église resta tendue des draperies de deuil.

Suivant l’usage d’alors, le testament avait été ouvert le jour même de l’enterrement, et le 8 juin et jours suivants il fut procédé à l’inventaire des tableaux, meubles, objets d’art, lettres, titres de rente et propriétés faisant partie de la succession, afin d’établir le partage entre les héritiers, conformément à la volonté du testateur. C’était là une opération longue et compliquée, entraînant une foule de formalités, car il s’agissait d’une grosse fortune dont l’actif, tous frais déduits, peut être évalué à plus d’un million et demi de notre monnaie. Les consciencieuses recherches de M. P. Génard (i) nous renseignent également sur la répartition des principaux éléments de cette fortune acquise par le travail, accrue par l’ordre et l’intelligence du grand artiste. Sa composition très variée et très judicieuse atteste une fois de plus le sens pratique qui était un des traits saillants de son caractère et de son talent. Des rentes d’emprunts de villes ou d’États, des sommes prêtées sur simples billets ou sur hypothèque à des particuliers, entraient pour une part assez notable dans cette fortune; mais les biens-fonds situés, en général, dans le voisinage d’Anvers représentaient une somme encore plus importante. Les deux plus considérables de ces immeubles étaient, de beaucoup, la maison du Wapper et la Seigneurie de Steen que Rubens n’avait pas cessé d’accroître jusqu’à sa mort, car, peu de jours avant, le 8 mai 1640, il achetait encore une pièce de terre contiguë à ce domaine. Mise en vente, la maison d’Anvers ne trouva pas d’acquéreur et fut laissée à Hélène pour y demeurer, moyennant un loyer annuel de 400 florins, jusqu’à ce qu’en

(1) P. P. Tyiibens, p. 40 à 1 1 1 .

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