‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 503 sur 553 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

permis de croire que ces recueils ne contiennent qu’une très faible partie de celles qu’il a écrites. Que sont devenues les autres? On l’ignore, et la perte de ces manuscrits est de tout point regrettable, car, malgré l’abondance des renseignements dont nous disposons déjà sur le grand artiste, il est probable qu’ils nous auraient encore révélé bien des traits nouveaux sur sa vie. Avec M. P. Génard, nous nous refusons à croire que l’un ou l’autre de ses héritiers ait eu le courage d’anéantir ces papiers, et nous conservons l’espoir que quelque jour ce précieux dépôt sera livré au public. Cet espoir, d’ailleurs, s’est en partie réalisé en ces derniers temps par la communication des archives du château de Gaesbeek due à la gracieuse libéralité de la marquise Arconati-Visconti, alliée à la famille d’Albert Rubens.

Nous avons vu que, d’après le testament de Rubens, les dessins d’autres maîtres réunis par lui ou les siens propres ne pourraient être vendus que lorsque le dernier de ses enfants aurait atteint l’âge de dix-huit ans et seulement dans le cas où aucun de ces enfants, ni aucun des maris que pourraient avoir les filles ne manifesterait une sérieuse vocation pour la peinture. C’est, en effet, ce qui devait arriver. A la date fixée, c’est-à-dire en ifiSq, la vente des dessins fut donc réalisée, et c’est à cette époque qu’eut lieu leur dispersion dans les principaux cabinets de l’Europe. Le célèbre amateur E\. Jabach en avait acquis un assez grand nombre, et les pièces les plus remarquables que nous possédons au Louvre, proviennent des deux cessions qu’il en fit à Louis XIV en 1671 et en 1676, ou de la collection de Crozat qui tenait également les siens de Jabach.

Les tableaux que possédait Rubens formaient la partie la plus intéressante pour nous de ses collections. En dehors des portraits de famille qui, suivant les intentions du maître, devaient être prélevés par les ayants droit, ses héritiers gardèrent, au prix de l’estimation qui en fut faite par les soins de F. Snyders, de J. Wildens et de Moermans, plusieurs de ces tableaux de sa succession. Hélène, à qui était réser\ ée la peinture connue sous le nom de la Pelisse, choisit en outre pour sa part : La Conversation à la mode {un des exemplaires du Jardin d’ Amour), la Danse de Paysans italiens lia Ronda du Prado), une Nuit de Noël, le portrait de Jean Rubens, père de son mari, celui de sa sœur Suzanne, mariée en secondes noces à Arnold Lunden, qu’elle paya 3oo florins à la masse et qui fut

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