TABLEAUX RESTÉS INACHEVÉS
acheté en 1822 plus de 72000 francs (le fameux Chapeau de Poil de la National Gallery), trois études de têtes de capucins et probablement aussi tous les tableaux qui se trouvaient à Steen et qui avaient été évalués 321 florins. Albert Rubens, outre le beau portrait de son père avec Isabelle Brant (Pinacothèque de Munich), prit pour lui plusieurs autres portraits de famille, notamment ceux de ses grands parents Jean Rubens et Maria Pypelincx, quatre portraits ou études d’après Suzanne Lunden, un grand paysage avec une vue de Steen estimé i aSo florins et plusieurs autres peintures peu importantes; quant à Nicolas, son frère, il n’avait reprisa son compte que des copies et des œuvres non terminées ou de peu de valeur. Plusieurs autres tableaux et copies furent donnés en souvenir à des amis et à des personnes qui avaient rendu des services au défunt ou à sa famille, notamment à deux médecins venus de Malines en consultation à Steen. D’autres peintures furent vendues de la main à la main aux prix de l’estimation.
En dehors de ces achats, un certain nombre de tableaux commandés par le roi d’Espagne n’avaient pu, nous l’avons dit, être terminés à cause des progrès de la maladie de Rubens. Poursuivant l’active correspondance qu’il avait déjà entretenue à cet égard avec son frère, l’archiduc Ferdinand lui écrivait de Gand, à la date du 10 juin 1640 : « Rubens est mort il y a dix jours, et je puis assurer à Votre Majesté que j’en ai été très affecté à cause de l’état où sont les peintures : l’une des deux grandes est presque finie, l’autre esquissée et les deux plus petites très avancées. Je prie donc Votre Majesté de me dire ce qu’elle désire que je fasse : si je dois les envoyer ainsi, ou s’il faut les faire achever par un autre artiste. Il n’y en a ici que deux auxquels ce soin pourrait être confié, bien qu’ils soient très inférieurs à Rubens. L’un d’eux est son premier collaborateur, qui a travaillé à un grand nombre des ouvrages de son maître; mais comme celui-ci était toujours près de lui, il ne cessait pas de le diriger et l’on ne peut savoir ce qu’il ferait livré à lui-même, car en somme il n’a jamais été qu’un collaborateur. L’autre est Cray (G. de Crayer), un maître très renommé, particulièrement pour les grandes figures; c’est lui qui a peint mon portrait que j’ai envoyé à Votre Majesté l’an passé. Il était peu l’ami de Rubens; aussi celui-ci ne l’avait-il chargé d’aucune des peintures qui ont été faites pour Torre delà Parada, et je ne sais s’il existe d’œuvre de lui en Espagne. » On remarquera le laconisme de cette lettre en ce qui