‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 505 sur 553 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

touche la mort de Rubens. Ferdinand la mentionne en passant, sans un mot de regret pour la perte du grand artiste qui s’est montré si dévoué à sa famille et qui, en proie à de cruelles souffrances, a jusqu’au bout lutté contre la maladie et la fatigue pour le satisfaire. En réalité, ce qui préoccupe surtout l’archiduc, ce sont les tableaux qu’il a laissés inachevés. 11 y revient à diverses reprises dans sa correspondance, particulièrement dans la lettre suivante datée du camp de Reveretz, le aS septembre 1640. « Depuis que j’ai écrit à Votre Majesté au sujet des peintures de Rubens, j’ai reçu avis que van Dyck doit venir à Anvers aux environs de la Saint- Luc, et comme il est à la fois un grand peintre et un disciple de Rubens, j’ai cru bon de différer la remise à un autre avant d’avoir parlé à van Dvck et de voir s’il pourrait les finir, ce qui, je n’en doute pas, serait le meilleur parti possible. Mais il a son humeur et je ne puis rien assurer à Wtre Majesté. Les peintures terminées partiront par les courriers, ainsi que Votre Majesté me le mande, bien que quelques-unes soient de telles dimensions qu’ils ne pourraient les emporter : celles-là partiront donc avec les autres et le passeport. Il v en a beaucoup d’excellentes dans l’atelier de Rubens, et pour éviter toute erreur et me conformer plus sûrement au goût de Votre Majesté, je lui envoie le Catalogue de toutes pour qu’elle me donne ses ordres; la réponse me parviendra certainement assez à temps car ce catalogue doit être imprimé et envoyé dans toute l’Europe. » Dans les lettres qui suivent, Ferdinand continue à tenir son frère au courant de l’achèvement des peintures. Le 10 novembre ifiqo, il lui écrit de Bruxelles : « qu’on y travaille en hâte; j’espère, dit-il, que les trois seront bientôt terminées. La quatrième n’a été qu’ébauchée par Rubens et je n’ai pas demandé à van Dvck de la finir, ni d’achever les autres, à cause de la presse où nous sommes ». Van Dyck d’ailleurs, ainsi qu’on devait s’v attendre, n’avait pas consenti à terminer un ouvrage commencé par un autre. En pleine possession de son talent, jouissant de toute la fa^•eur de Charles Fy il n’était pas disposé à distraire pour de pareilles tâches un temps que lui disputaient les grands seigneurs anglais, jaloux d’avoir de ses oeuvres. Sans insister à cet égard, Ferdinand avait eu le bon esprit « de lui confier la commande de ce meme sujet dans les mêmes dimensions pour qu’il l’exécute à sa guise, et il est parti pour l’Angleterre enchanté de ce t?'avail ». Quelques jours aprèsfa février ifiqi), l’archiduc informe Philippe 1\’ qu’il a maintenant à Bruxelles « toutes

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