VENTE DES TABLEAUX
les peintures, qu’elles sont vraiment fort belles et, à ce qu’il espère, du goût de Sa Majesté. « îî n’en manquera plus qu’une seule des deux grandes, et ie peintre qui s’en est chargé a promis de la terminer dans un mois. » Le 9 mars, les tableaux sont, en effet, partis et dans la dernière lettre que nous ayons sur cette affaire (i), l’archiduc prévient le roi d’Espagne que « la peinture est très avancée, mais qu’elle ne sera pas finie avant la fin d’août; il espère qu’elle sera très réussie, car le peintre fait de son mieux et comme il commence à prendre de la réputation, il s’efforce de succéderà celle de Rubens».
(20 juillet, du camp de Morbeq.) C’est de Jordaens et de VA ndromède du Prado qu’il s’agit ici; les comptes de la succession mentionnent, en effet, une somme de 240 fl. payée à cet artiste par la famille pour avoir terminé cette Andromède, ainsi qu’un Hercule destiné également à Philippe IV. De son côté, Philippe Le Roy avait versé le 24 juin 1641 aux héritiers de Rubens 4 200 fl. pour prix de ces deux tableaux, ainsi que d’un Enlèvement des Sabines et d’une autre peinture, le tout livré au roi d’Espagne. Ce dernier, jaloux comme il l’était de réunir dans ses collections le plus grand nombre possible d’œuvres du maître, ne manqua pas l’occasion qui lui était signalée par l’archiduc d’acquérir quelques-uns des meilleurs ouvrages restés dans l’atelier de Rubens. Don Francesco de Roxas fut chargé d’acheter pour le compte du roi 32 de ces tableaux parmi les-
(i) Toute la partie de cette correspondance entre Ferdinand et Philippe IV relative aux commandes du roi faites à Rubens, a été donnée par M. C. Justi dans le supplément de sa belle étude sur Diego Velâzquez, II, p. ^01 fi 41!.
MARTYRE DE DEUX SAINTS, {xMusée Boynians,)