CHAPITRE XXII
quels on remarquait plusieurs copies de Titien : le Sauveur tenant un globe dans sa main, le Martyre de Saij^t Pierre, Calisio, Vénus et Adonis, Vénus et Cupidon, l’Enlèvement d’Europe, ainsi que des originaux de Titien, de Tintoret et de Paul Véronèse, notamment une Dame avec un Chien, une Eiancée vénitienne et une grisaille de ce dernier ; un paysage de Paul Bril et quatre autres d’Elsheimer ; enfin de Rubens lui-même : un Carnaval, des Nymphes, des Soldats suisses, la Ronda, une Chasse au CerJ, les Pèlerins d’Emmaûs, Saint Georges, trois Nymphes avec une Corne d’ abondance et la Vierge avec Saint Georges, le tout pour une somme de 27 100 fl. pour laquelle le trésorier général des domaines, J. van Ophem, avait donné caution. Gaspard de Crayer, Salomon de Nobeliers et le S'' de Roxas qui s’étaient entremis dans cette affaire, reçurent chacun une peinture pour le soin qu’ils avaient pris. Le reste des tableaux fut vendu aux enchères d’après les conseils des trois artistes désignés par Rubens à cet effet. Un certain Fr. Hercke avait été, en conséquence, chargé de dresser le catalogue de tous ces tableaux et d’en faire une traduction française. Ce catalogue, imprimé par J. van Meurs, ne comprenait pas moins de 314 peintures, et à la suite, sans numéros : « trois toiles collées sur bois, représentant les Triomphes de Jules César d’après A. Mantegna, imparfaites ; six grandes pièces, imparfaites, contenant des Sièges de Villes, Batailles et Triomphes de Henry Quatrièsme, qui sont commencées depuis quelques années pour la Galerie du Luxembourg ; une quantité de visages au vif, sur toile et fonds de bois, tant de Monsieur Rubens que de Monsieur van Dyck,... quantité de copies,... aulcunes belles têtes antiques de marbre ; une quantité de figures modernes, etc. » Suit une énumération d’un assez grand nombre de sculptures en ivoire « de l’invention de feu M. Rubens» exécutées probablement par L. Faydherbe.
Le roi d’Espagne, l’empereur d’Allemagne, l’électeur de Bavière et le roi de Pologne s’étaient fait représenter par des agents spéciaux à la vente qui eut lieu le 17 mars 1642 et les jours suivants et qui se continua pendant les mois d’avril, de mai et de juin. Cette vente produisit une somme de 52 804 florins, et un autre lot de peintures qui était la propriété commune du défunt et des deux fils de son premier mariage fut également vendu 16 64g florins. A cette occasion, la famille donna une gratification de 3oo florins au peintre Nicolas de la Morlette, qui s’était occupé de la