‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 508 sur 553 · LE TOMBEAU DE RUBENS · texte numérisé non relu

LE TOMBEAU DE RUBENS

mise en état des tableaux, et elle versa aussi en deux fois à la veuve H. Snyers, qui tenait l’auberge du Souci d’Or où se faisaient ces ventes, 168 et 3o6 florins pour frais divers et rafraîchissements fournis aux amateurs qui y assistaient.

Le partage de la succession s’était effectué sans difficultés sérieuses entre les héritiers. A la date du i3 janvier 1Ô43, Albert et Nicolas Rubens avaient, il est vrai, soumis au conseil de Brabant certaines objections au sujet de la masse de cette succession; mais le différend avait été arrangé à l’amiable, et ce qui le prouve, c’est que, le 29 mai suivant, Nicolas ayant besoin d’argent, Hélène consentait gracieusement, sur sa demande, à lui racheter moyennant une somme de 17600 florins un certain nombre de créances et de pièces de terre comprises dans sa part. Le mariage de la veuve de Rubens avec J. B. van Broekhoven, seigneur de Bergheyke, échevin d’Anvers et conseiller de la Haute Cour de Bruxelles, qui eut lieu entre le ii juillet et le 28 août 1646 (ij, hâta la liquidation de l’héritage. Plusieurs biographes de Rubens se sont étonnés que la jeune femme ait ainsi échangé le nom illustre qu’elle avait porté contre celui de ce nouvel époux. Si la gloire toujours grandissante de Rubens a pu faire paraître choquante à leurs yeux une pareille union, il est juste de rappeler cependant qu’Hélène lorsqu’elle avait épousé le grand artiste n’était qu’une fillette de seize ans, qu’elle avait à peine vingt-six ans quand elle le perdit et que, restée seule et sans grande expérience de la vie pour élever ses enfants et administrer une grande fortune, elle était bien excusable, après cinq ans de veuvage, de chercher l’appui et les conseils que lui procurait son second mariage. Ajoutons à la louange du seigneur de Bergheyke qu’il se montra d’une correction parfaite à l’égard de la famille de Rubens, aussi bien dans le règlement définitif de la succession pendante qui fut signé le g avril 1646 que dans les derniers soins qui restaient à prendre au sujet de la sépulture du défunt.

Rubens, on le sait, tout en exprimant le désir d’être inhumé dans l’église Saint-Jacques, n’avait par son testament prescrit aucune disposition formelle à l’égard de cette sépulture. Mais, ainsi que ses héritiers le disaient dans la requête qu’ils adressaient à ce sujetau Magistrat d’Anvers, le grand artiste, consulté par les siens peu de jours avant sa mort, leur

(1) Jusqu’au h juillet, en effet, Hélène figure dans les actes officiels avec la qualification de veuve de Rubens et, à partir du 28 août, son mari intervient dans les actes qui suivent.

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