‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 512 sur 553 · TABLEAU DE LA VIERGE ET DES SAINTS · texte numérisé non relu

TABLEAU DE LA VIERGE ET DES SAINTS

une vue du monument primitif érigé par la famille et à l’épitaphe duquel faisait pendant celle d’Albert Rubens et de sa femme, qui existe encore aujourd’hui ; ces deux monuments, ainsi que les comptes de succession de Rubens et d’Albert; son fils, en font foi, ayant été exécutés par Corneille van Mindert. On remarquera qu’au-dessus du monument de Rubens se trouvait placé son portrait en ovale, semblable aux portraits de Windsor, d’Aix et de Florence. Ce portrait a aujourd’hui disparu et M. P. Génard en déplore avec raison la perte pour la ville d’Anvers, qui ne possède pas « une seule image authentique du glorieux chef de son école de peinture » (i).

Bien mieux que le latin hyperbolique de Gevaert, le seul nom de Rubens recommande à notre respect ce lieu qui a reçu ses restes mortels, et plus sûrement que toutes les formules laudatives prodiguées ici aux descendants du maître aussi largement qu’à lui-même, le tableau de la Vierge entourée de Saints, destiné par lui à sa chapelle sépulcrale, nous parle de son génie. Ce n’est pas cependant qu’il faille y reconnaître — comme trop souvent on l’a répété en croyant ajouter ainsi à l’intérêt de cet ouvrage — ni ses deux femmes, ni sa fille, ni son père, ni lui-même, sous cette figure de Saint Georges, dans laquelle nous cherchons en vain ses traits et la forme même de son visage. En dehors de cette tradition, qu’il faut reléguer parmi les légendes sentimentales qu’on rencontre si fréquemment dans l’histoire de l’art, l’œuvre se suffit à elle-même, et sans aucun des commentaires attendrissants qu’on a greffés sur elle, le meilleur éloge qu’on en saurait faire, c’est que Rubens l’avait désignée lui-même comme une de celles qui pouvaient le mieux caractériser son talent. Elle répond, en tout cas, à notre attente, et en un tel endroit, c’est assez dire. Peut-être, cependant, conviendrait-il tout d’abord de nous demander si nous la voyons aujourd’hui dans son état primitif et telle que le maître l’avait peinte. La composition — pourquoi ne pas le reconnaître ? — nous en avait toujours paru resserrée outre mesure. Sur la gauche, un des bras et un des pieds de Saint Georges sont coupés par le cadre; à la partie supérieure, le haut de son étendard, la tête d’un des angelets et la palme qu’il tient à la main ont disparu et au bas du panneau, la bande exiguë occupée par le terrain supporte mal le poids de tous ces personnages,

(i) Bulletin Rubens ; La première Épitaphe de ‘Rubens, par P. Génard, iBgS, p. 260-270.

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