CHAPITRE III
cour de Mantoue, avec des cellules à leur taille, un réfectoire en miniature et une chapelle appropriée à leur usage, Mais, sauf ces pièces qui leur étaient consacrées et celle qu’Isabelle d’Este avait fait disposer pour ellemême, les autres appartements ont été tellement dénaturés par le pillage
ou l’incendie, qu’il serait difficile de retrouver leur ancienne destination.
Les archives sont également muettes sur les débuts du séjour de Rubens à Mantoue et le premier document qui nous parle de lui porte la date du 8 juillet i6oi .
A ce moment, il est sur le point de partir pour Rome, afin d’y faire des copies ou des tableaux pour le compte de son maître et celui-ci, qui se prépare lui-même à prendre part à une expédition de Rodolphe II contre les Turcs, l’adresse avec une lettre de recommandation au cardinal Montalto. Il prie ce dernier d’accorder « à Pierre-Paul, le Flamand, son peintre, la protection de sa grande autorité en tout ce qu’il pourrait demander pour son service ». Le cardinal, personnage influent de la cour pontificale, était chargé avec le neveu même du pape, Aldobrandini, de la direction des affaires politiques du Saint-Siège. Lettré et protecteur des arts, il avait un grand train de maison et pouvait, par sa haute situation, être fort utile à Rubens. Au reçu de cette lettre d’introduction, le cardinal écrit au duc pour le prévenir qu’il « a vu avec plaisir le porteur et que non seulement il s’est mis à son entière disposition, mais qu’il l’a instam-
(i) Cette gravure et les deux suivantes, exécutées d’après des documents tout à fait défectueux, ne ligurent ici que pour donner quelque idée de trois des premières œuvres de Rubens.