RÉUNION DES DEUX FRÈRES A VÉRONE
de Juste Lipse, chez lequel ils s’étaient connus et qui leur inspirait à tous trois des sentiments pareils d’affection et de respect. L’œuvre est de prix, faite avec amour et doublement intéressante par sa valeur artistique et par les personnages dont elle nous offre les traits. Mais, bien qu’elle soit généralement considérée comme ayant été exécutée à cette date, nous croyons, avec M. Bode, qu’à raison du caractère de la facture et de diverses autres indications sur lesquelles nous aurons à revenir, elle est postérieure de quelques années et qu’au moment où elle a été faite, ni Juste Lipse, ni Philippe Rubens n’existaient plus.
Pierre-Paul, après ce petit séjour à Vérone était-il ■ repassé par Padoue afin d’y suivre son frère? Nous l’ignorons; mais nous savons par ce dernier lui-même que Philippe, grâce aux recommandations de Juste Lipse et du président Richardot, avait noué quelques relations avec les savants de cette ville. Pourîapt, ni lui, ni Guillaume Richardot, son élève, ne fréquentaient les cours de l’Université. A leur avis, ils avaient en Flandre des maîtres d’un mérite bien supérieur, et, ainsi que Philippe l’écrivait (3o mai 1602) à un lettré, Ericius Puteanus, qu’il avait connu à Milan : « Quand on a goûté du nectar chez Juste Lipse, le petit vin grossier de Padoue n’est pas fait pour plaire. » Galilée cependant professait alors à Padoue et, bien que son nom ne se rencontre pas sous la plume de Philippe Rubens, il est certain que Pierre-Paul, s’il ne le vit pas lors de ce voyage, le connut un peu plus tard à Mantoue même. En tout cas, Peiresc, dans
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