MISSION DE RUBENS EN ESPAGNE
crédit que celui qu’il pourrait tenir de ses qualités personnelles. Chieppio avait naturellement songé à Rubens. Les peintres ont été de tout temps des émissaires commodes, à raison des facilités d’accès que leur art peut leur procurer auprès des princes. A côté des diplomates de carrière,
ÉTUDE D ’a P R È S LE ISÎ O D È L E .
(Musée du Louvre.)
l’intervention de ces agents officieux offre, de plus, cet avantage que, suivant l’issue plus ou moins favorable de leurs démarches, ceux qui les emploient conservent à leur gré la faculté de profiter de leurs services ou de les désavouer. Sans doute, dans des conditions si mal définies, la situation de Rubens était fort délicate ; mais, se fiant à son étoile, il comprit qu’il a' avait là une occasion de se pousser lui-même en servant son maître.
Le 5 mars i6o3, Vincent de Gonzague écrit à Iberti « qu’il a enfin réuni les peintures et les autres cadeaux qui doivent être distribués en Espagne ». En lui expédiant les lettres pour les diverses personnes auxquelles ils sont destinés, il le charge d’insister avant tout sur l’intention qu’il a de leur être agréable et qui dépasse de beaucoup la A’aleur de ces présents. Il lui annonce en même temps le départ de « Pierre-Paul, le