‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 76 sur 553 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Flamand, son peintre, qui les accompagne » et qui donnera toutes les explications désirables sur les tableaux et sur la fabrication des arquebuses faites avec soin d’acier fin, et d’un beau travail. Les objets devront être remis par Iberti personnellement, mais en présence et avec l’assistance de Pierre-Paul qui, ajoute le duc, « sera, selon notre désir, introduit en même temps comme envoyé expressément d’ici avec ces objets.... Et comme le susdit Pierre-Paul réussit parfaitement la peinture des portraits, nous voulons que s’il reste d’autres dames de qualité, outre celles dont le comte Vincent (le prédécesseur d’Iberti) a fait là-bas reproduire les traits, vous ayez recours à son talent pour m’envoyer des portraits qui, avec une moindre dépense, auraient peut-être ainsi plus de mérite. Si Pierre-Paul, pour son retour, avait besoin d’argent, vous lui en fourniriez, en nous avisant de la somme que nous vous ferions tenir par la voie de Gênes. » Et à la lettre ducale est jointe la liste contenant l’énumération des divers cadeaux.

Le voyage devait être long, semé d’accidents de toute sorte. Dès le début, d’après l’itinéraire qui lui a été tracé, Rubens, muni de ses passeports, prend une fausse direction qui a pour effet d’allonger singulièrement la durée et les frais de la route. Au lieu de gagner directement Gênes, il passe par Ferrare et Bologne, traverse l’Apennin et, parti le 5 mars de Mantoue, il n’arrive à Florence que dix jours après. Encore a-t-il dû laisser derrière lui le carrosse, pour ne pas s’attarder davantage. Au débotté, afin de mettre à cou\ ert sa responsabilité, il tient à rendre compte à Chieppio de ses ennuis et des dépenses impré\ ues que déjà il a dû faire et qui ont fortement entamé ses ressources. « En vérité, si S. A. se défie de lui, elle lui avait donné trop d’argent; mais trop peu si elle a confiance en lui.... 11 est certain qu’il n’y aurait eu aucun inconvénient à lui remettre plus qu’il ne fallait, puisqu’il soumettra ses comptes à l’examen le plus minutieux et comme il n’v aura jamais à paver que ses déboursés réels, le surplus quel qu’il fût aurait fait retour au trésor. En cas de manque, au contraire, quelle perte d’intérêt et de temps ! » Il s’en rapporte, du reste, à Chieppio du soin d’arranger toutes choses et le prie « de suppléer à son inexpérience ». Écrite dans un italien d’une correction irréprochable, cette lettre est un modèle de franchise en même temps que d’habileté. Rubens sait quels sont les embarras financiers de la cour de Mantoue et, comme dès scs premières étapes, il a déjà souffert de l’imprévovance et des lési-

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