‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 77 sur 553 · VOYAGE EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

VOYAGE EN ESPAGNE

neries dont on a fait preu\ e à son égard, il tient à établir nettement sa situation. Avec un souci bien légitime de sa dignité, il entend surtout qu’on ne suspecte pas son honneur.

Après bien des contretemps, notre voyageur s’embarquait à Livourne au commencement d’avril, et dix-sept à dix-huit jours après il abordait à Alicante où l’attendaient de nouveaux ennuis. La cour n’était plus à Madrid, mais à Valladolid, ce qui allongeait singulièrement le chemin qu’il fallait faire par des routes difficiles et peu frayées. Rubens dut laisser en arrière les gros bagages pour ne pas trop retarder sa marche. Enfin le 1 3 mai il parvient à Valladolid, et le i6, le résident Iberti informe le duc que « le Flamand est arrivé avec la caisse des cristaux et que les chevaux sont en si bel état qu’ils ne semblent pas avoir fait ce long voyage ». Le reste des bagages arrivera prochainement, avant que la cour qui est partie d’Aranjuez pour Burgos, soit de retour. Le lendemain, Rubens confirme lui-même au duc Vincent, les nouvelles données par Iberti, à qui il a opéré la remise des objets envoyés et des chevaux « qui sont potelés et superbes, tels qu’ils ont été pris dans les écuries de S. A. ». Tout le reste suivra bientôt, et il semble qu’après les ennuis du début, la fin de cette mission s’annonce sous les plus heureux auspices.

Iberti, cependant, ne voyait pas d’un œil très favorable le nouveau venu. Connaissant la gêne continuelle où se débattait son maître, il n’était pas sans quelque inquiétude au sujet du surcroît de dépenses causé par la lenteur du voyage et des avances que, par suite, il avait dû faire pour caser les chevaux et les serviteurs qui les avaient amenés, et aussi pour « donner quelque argent au Flamand afin qu’il pût s’habiller à neuf ». 11 éprouvait d’ailleurs un peu de jalousie vis-à-vis de ce dernier, à la pensée qu’il devait l’introduire à la cour et l’avoir à côté de lui pour assister à la remise des présents. Son humeur comme ses procédés allaient bientôt s’en ressentir.

Rubens n’était donc pas au bout de ses peines , et un nouveau contretemps absolument inattendu venait encore s’ajouter à ceux que lui avait déjà valus sa mission. Le reste des bagages dont il annonçait l’arri- ^■ée prochaine lui était enfin parvenu, et le carrosse, les arquebuses et les cristaux avaient été trouvés en parfait état ; mais malgré toutes les précautions imaginables, les peintures qui, au moment de la visite de la douane, à Alicante, étaient encore parfaitement intactes, avaient subi de

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