‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 79 sur 553 · CHAPITRE TV · texte numérisé non relu

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Flamand avançait dans le travail de restauration de ces tableaux ; grâce à son activité, ils sont déjà en bonne voie d’achèvement et il n’v en a que deuxqui soient absolument perdus sans remède. Pour y suppléer et donner un peu plus de relief au présent, je veillerai, ajoutait-il, à ce qu’il fasse quelque chose de sa main, si le temps le permet». La mort de la duchesse de Lerme ayant encore retardé la venue de la cour, laissa, en effet, un peu de répit à l’artiste, et le 6 juillet, Iberti informait enfin le duc de l’arrivée du roi avec sa suite, et Chieppio de la terminaison du travail. « A la place d’une Tête de Saint Jean de Raphaël et d’une petite Madone, le Flamand a fait un tableau de Démocrite et Héraclite qu’on trouve très bon. » 11 semblerait, au dire du résident, que cette composition réunît sur une même toile les deux philosophes, et cependant il s’agit ici de deux tableaux qui, après avoir fait partie de la collection du duc de Lerme, de\ inrent la propriété du roi d’Espagne et qu’on peut aujourd’hui voir au Musée du Prado. En dépit de l’appréciation louangeuse d’Iberti, ils ne font pas grand honneur à Rubens. Les figures sont banales et les carnations d’un brun exagéré; l’expression de tristesse d’Héraclite, aussi bien, que le rire et la joie de Démocrite paraissent également vulgaires et comme poussés à la charge. Bien que cette dernière figure soit un peu meilleure que l’autre, ce ne sont là, en somme, que des académies faites de pratique, sans modèles et dont l’exécution par trop expéditive trahit la presse où se trouvait l’artiste.

Cependant la cour s’était réinstalléeà Valladolid où, depuis deux ans, le roi avait fixé sa résidence dans le nouveau Palais, qui avait reçu une décoration plus riche, avec de vastes galeries et un patio d’une élégante simplicité, entouré d’une colonnade et orné de bustes d’empereurs romains exécutés en demi-relief par Berruguete.

Au jour fixé, le ii juillet, le carrosse et les chevaux bien équipés avaient été amenés dans un jardin, à quelque distance de la \ ille, par les soins d’Iberti qui les présentait au roi et à la reine. Tous deux manifestaient à diverses reprises leur satisfaction, et l’empressement mis par eux à se servir du carrosse et de l’attelage les jours suivants témoignait d’ailleurs de la sincérité de leur contentement. Le lendemain, ainsi que l’écrivait Iberti, Rubens avait fait disposer « avec beaucoup d’art » les tableaux dans l’appartement du duc de Lerme. Ce dernier entrant seul, en robe de chambre, les avait regardés l’un après l’autre, avec une grande

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