‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 81 sur 553 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

aucune méfiance contre leur authenticité, bien que, de notre côté, nous n’ayons rien dit pour y faire croire. Le roi, la reine, un grand nombre de seigneurs et quelques peintres les virent également et les admirèrent. » Le détail est caractéristique. Rubens n’a rien fait pour induire en erreur

ces nobles personnages; mais, pensant que la valeur du présent en sera rehaussée, il ne fait rien non plus pour les détromper de leur méprise.

Ce procédé n’était peutêtre pas d’une correction absolue, mais il trouvait son explication et au besoin son excuse dans le désir qu’avait Rubens de servir de son mieux, la cause de son maître et aussi dans l’effacement auquel le condamnait Iberti.

Cette partie de sa mission s’étant ainsi terminéeà son honneur, l’artiste allait désormais s’occuper de l’exécution des portraits qui lui avaient été commandés par le duc Vincent. Il comptait donc se tenir à cette tâche à moins que quelque caprice du roi ou du duc de Lerme vînt l’en distraire. Il obéira sur ce point aux instructions d’Iberti ; puis il se disposera à partir pour la France; il prie donc « qu’on veuille bien l’informer, de manière ou d’autre, de ce qui aura été résolu à cet égard ». Mais le séjour de Rubens devait se prolonger bien au delà du terme qu’il avait pré\'u et l’assurance donnée par le duc de Lerme de l’employer à « un tableau dont il avait l’idée » resta longtemps sans effet. Celui-ci venait d’ailleurs de perdre sa femme (2 juin i6o3), et, très absorbé par la tristesse que lui causait cette perte, il ne s’occupait guère de Rubens.

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