‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 82 sur 553 · SÉJOUR A VALLADOLID · texte numérisé non relu

SÉJOUR A VALLADOLID

Les jours s’écoulaient donc pour ce dernier dans une inaction qui, avec son amour du travail, lui était particulièrement pénible. Encore s’il eût été à Madrid pour y étudier à son aise les chefs-d’œuvre des maîtres italiens qu’il n’avait fait qu’entrevoir et qui lui auraient fourni les enseignements dont il était si avide ! Mais les ressources artistiques que lui offrait Valladolid étaient des plus restreintes, et, sans oser s’écarter, il lui fallait se tenir à la disposition du duc de Lerme, prêt à répondre à son appel lorsqu’il lui plairait de l’emplover. Dans l’abandon presque complet où il vivait, le voisinage d’iberti ne lui était pas d’un grand secours.

Très soucieux de rentrer dans les sommes qu’il avait avancées pour lui,

ÉTUDE POUR UNE TÊTE UE SAINT JEAN, le résident, nTalgre les (Musée du Louvre. — Galerie Lacaze.)

appels réitérés qu’il

adressait à Mantoue, ne recevait aucune réponse à ce sujet. 11 poursuivait seul les négociations dont il était chargé, tenant Rubens à l’écart et même un peu en suspicion, ainsi que le montre le ton de sa correspondance. Isolé, condamné à l’oisiveté, le Flamand aurait pu, il est vrai, s’occuper de ces fameux portraits des beautés célèbres dont il devait approvisionner la galerie de Vincent de Gonzague. Mais ce n’est qu’à contre-cœur qu’il avait accepté une tâche qu’il jugeait indigne de lui, et, rongeant son frein, il attendait avec impatience l’occasion de mieux donner la mesure de son talent. Aucun de ces portraits, en tout cas, s’il en fit alors, n’est arrivé jusqu’à nous, soit que, suivant la remarque de M. Ruelens, les descendants du duc de Gonzague n’aient

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