‹ Rueil, le chateau de Richelieu, la Malmaison, avec pièces justificativesChapitre 15 sur 32 · DE LA PAGERIE · texte numérisé non relu

DE LA PAGERIE

Impératrice des Frauçais.

et du yirointe ÀLIXANDRE DE BEAUHARNAIS,

fielle-tillc et belle-suHir de Napoléon I*^, Empereur des Français ;

Mariée à Paris le 2 Janvier 1802 k Louis Napoléon , roi de Hollande,

Proclamée reine le U ftlai 1 806 ;

déoédée en son château d*Arenenberg le .> octobre 1 837, à 5 heures du matin .

Le soir même du jour de Finhuniation , le caveau fut muré, et Fescalier qui y conduit recouvert d'une dalle.

La chapelle de Buzenval fut entièrement dallée en granit noir , et les parois du pourtour furent couverts de

marbre noir. Au milieu de cette chapelle devait être placé le monument de la reine , exécuté d'après le dessin que nous présentons ici.

La statue avait d'abord été confiée au talent du célèbre David , d'Angers ; nous ignorons pour quelle raison on en chargea ensuite le sculpteur Bartholini , de Florence. [Voiraux Variétés).

Nous donnons aux pièces justificatives les copies des procès-verbaux de déposition et d'inhumation dressés le 19 novembre 1837, jour de l'arrivée du corps d'Hortense à Rueil , et le 9 janvier 1838 , jour de l'inhumation.

Les choses de détail dignes de remarque dans Téglise de Rueil , sont les chapiteaux de quelques colonnes , des clefs de voûtes, et entre autres deux écussons, dont nous donnons le dessin.

Le premier écusson ne donne pas les armes de Richelieu , comme on l'a prétendu ; ce serait tout au plus son anagramme avec des ornements. Les armes de Richelieu étaient d'argent, à la croix de gueules , à l'écusson d'argent , chargé de trois chevrons de gueules, brochant au centre de la croix.

Ce n'est que depuis la révolution de 93 qu'on ne voit plus dans l'église le tombeau de Zaga-Ghrist , qui vint en France sous le ministère de Richelieu. Il était, disent les uns , roi d'Ethiopie ; d'autres prétendent, un imposteur. 11 est plus probable que ce n'était qu'un des chefs de ces bandes de bohémiens répandues alors en France et dans les autres contrées de l'Europe , et qui se serait converti à la religion chrétienne».

Ou grava sur sa tombe la siiigulière épilaphe , dont voici deux versions :

Ci-gUt le roi d*Ëtliiu|Me Soit originai ou copie ; I^ mon a fini iet débats S'il rétait ou ne l'était p««.

Ci-gist du rui d'Ethiopie

L'urigiiial uu la copie ;

La mort a ruidé les débats

S'il fut bien roi, ou s'il ue le lut fias.

L'autel de la sainte Vierge, établi en 1837 , fut privilégié' en vertu d'un bref de Sa Sainteté Grégoire XVI, en date du 14 août de la même année.

Cet autel est composé d'une dalle de marbre blanc , portant d'un côté sur le massif de maçonnerie , et de l'autre appuyée par les angles sur deux piliers aussi de marbre blanc. Elle forme ainsi une table qui rappelle la disposition primitive des autels. Au dessous se trouve un tableau représentant l'Annonciation.

La sacristie est fort belle, lambrissée de vieux chêne et parquetée. On y trouve un fort beau chapier.

Avant 93, l'église de Rueil avait quatre cloches. Les

' Le privilège d'un autel cousiste en ce que toutes les messes qui y sont célébrées aux jours on il n'est puint permis d*en dire de Rcquietu , peuvent s'appliquer avec les m^es indulgences que kî Ton a\ai( réiéhré la West^ des uiorts.

trois dernières furent fondues , et il ne resta que la grosse qui fut refondue en 1820.

On lit sur son pourtour l'inscription suivante :

J'ai été fondue à Rueil en juillet 1820, nommée Wc- Xoire par S. A. S. le prince Auguste, duc de Ivcuchtenlierg , et par tnadame Thècle Victoire Masséna , épouse fie M. le comte Reille , ,pair de France ; bénite par M. Ch. Martner, curé; MM. Dherbes étant maire, Rotuiiger et Allely, adjoints, et MM. Gilbert, Rotanger, Fallenpin , Maugest , Hubert , niarguilliers ; et pèse i,037 livres.

Fondue par * Limuay et Mahuet, fondeurs à Chanipigneulle ( Haute-Marne. )

La petite cloche , qu'on ne sonne qu'aux baptêmes et aux convois d'enfants, vient d'un ancien couvent, et fut achetée par la fabrique en 1835.

Un démagogue, S. P, Lion, sans doute pour perpétuer sa mémoire, y grava son nom, et , à côté , un iK>nnet phrygien avec la légende ordinaire : Liberté, Égalité.

Le presbytère actuel fut construit au commencement du dix-septième siècle, entre l'église et la chapelle de Saint-Sulpice , qui existait encore en 1798, et qui a donné son nom à la petite rue au bout de laquelle elle se trouvait. C*est dans cette chapelle que se réunissaient, au milieu des troubles révolutionnaires , les membres éloquents du club villageois de la municipalité de Rueil.

Avant 93, elle était desservie par deux chapelains. 11 est parlé de cette chapelle dans un acte de 1566. Jacques Brice , curé de Rueil , faisant sa déclaration au doyen dn Château^Fort, lui dit qu'il y avait, sur sapa-

roisse, une chapelle de Saint-Sulpice, dont les marguilliers s*étaient emparés, et qui était sans chapelain, quoiqu'elle eût un arpent de pré. ( Registres de l'archevêché de Paris, )

Malgré toutes nos recherches, nous n'avons pu trouver de traces de Tescalier qui devait conduire au clocher. 11 est évident que T ignoble cage en charpente qui renferme Tescalier actuel n'est point de l'époque de la construction de la nouvelle église . Cette cage, masque le tiers d'une croisée , dont elle détruit l'ensemble , et produit le plus mauvais effet.

Nous donnons ici deux clefs de voûte placées aux bas-

côtés, Tune près de la chapelle de Saint- Pierre-aux-Liens,

et Taiitre près du banr des margiiillicrs de la confrérie de Saint-Vincpnt.

il serait à désirer , eomnie nous le disons dans un ouvrage qui va paraître sur romementation des églises, que les fabriques des paroisses ne fissent auctm changenient notable sans consulter des gens de Fart... Souvent, avec d'excellentes intention» , on finit par enlaidir un monument. Que peMer, par exemple, de ces madriers placés depuis peu dans Téglise de Rueil entre les piliers du chœur, pour suspendre les tentures de deuil. Ils coupent les lignes d'archit<*cture, et ont Tair d'étansons destinés à soutenir une voûte en ruine. On les a placés , m'a-t-on dit, pour monter les tentures avec plus de fà>;ilité, et sans

exposer les ouvriers à tomber. — Pourquoi ne pas employer alors un système de poulies à demeure qui auraient rempli le même but et n'auraient pas coûté davantage?

A l'extrémité du territoire de Kueil , près de Tétang dit de Saint'Cucuphat , existait une chapelle dédiée à ce saint, connu aussi sous le nom de Cottgai, Qtdcuenfat^ en latin Cuct/pha9.

Suivant les légendes , il fut un des bienheureux qui souffnrent le martyr. Tan 304, sous Tempereur Dioclétien. La mémoire de saint Cucuphat a été célébrée par le poète Prudence. 1^ martyrologe d'Estemach le nomme Locufas et Cucuba»\ celui de Saint-Vandrille , Ijoqvmfat et Guoquofa$ ; celui de Corbie , Cuentas. Au martyrologe, imprimé par Plantin, en 1564, il est nommé Cuxnpc», dans réloge de sainte Eulalie. Son nom n'a pas moins de diversité en français, selon la diversité des lieux où on riionore : Clogat ^•Couquefat ^ Couquenfat ^ Quiguenfat , Quignefat f Gviqnefaf ^ Gui que fat , Girquefot ^ Guigne foi ^ Guigne fort ^ Gunefort , Gumff>rt, Gmtnifort ^ et même, tout court, Fort,[Chcatelnin). MM. Dulaure et consorts plaisantent fort agréiiblement sur la singularité du nom

' On lit dam le Martyrologe romain, au 1b juillet •

Barcinone in HispaniA natalité beati Cncuphati» martyriA, qui in per- «ecatione Dîocletiani sub Daciano pneniJe plurimis tormentis nuperatis percustns gtadio, tictor inigraTÎt in cœluni. — A Barcelonne, en Espagne, la naiMance do bienheureux Cucuphat , martyr, qui lent de la pemécution de Diodétien soos les ordres du président Dacien, après avoir enduré de nombreux tourments, monta triomphant dans les cieux

donné à ce saint par les habitants de Rneil , et sur les pèlerinages, et autres dévotions, par lesquels ils Thonoraient; qu'auraient-ils dit s'ils eussent cx)nnu tous ces noms?

Il ne reste aucun vestige de cette chapelle, qui avait été dédiée à saint Cougat , sur les bords de Tétang qui porte son nom , et qu'une notice moderne nomme à tort l'étang du Butard. Ce dernier lieu, où se trouve un pavillon, rendez-vous de chasse, est à une lieue de Saint-Cucuphat, dans la' forêt, sur la route de Versailles. On va chercher en Suisse et en Italie des paysages qui sont loin d'offrir les beautés de ce petit coin de terre , placé aux portes de Paris. Un joli chalet, élevé sur les bords de l'étang par l'Impératrice Joséphine, de beaux arbres exotiques mêlés aux ombrages indigènes, tout fait de cet endroit le lieu le plus propice à la construction d'un ermitage. Aussi, dans des temps plus religieux, la prière et l'étude s'en étaient emparés ; et (juelques bénédictins , détachés (le la maison de Saint-Denis l'habitèrent pendant plusieurs siècles. Là s'était établi un célèbre pèlerinage qui ne cessa qu'à la fm du siècle dernier. Joséphine aimait beaucoup ce lieu , qui souvent était le but de sa promenade. Klle avait fait planter, dans le bois qui environne Tétang, de nombreux arbres d'agrément , que l'on retrouve encore au milieu des plantes spontanées du terrain.

Cet étang, entouré de liois, offre un site champêtre et solitaire; les masses irrégulières des arbres, leurs reflets dans l'eau, le soleil couchant, donnent à ce lieu un caractère qui le ferait croire à une grande distance de Paris.

Sur les bords de Tétang, on arrive à quelques bAtiments qui servaient à une vacherie, qui renfermait différentes espèces de bestiaux de Suisse, d'Allemagne et de Normandie , qu'en tretenaîl avec beaucoup de soin une famille suisse , portant le costume de Berne , et qui occupait Tun des bâtiments.

Non loin de là se trouve une bergerie qui tombe en raines, et qui, pendant longtemps , abrita le superbe troupeau de mérinos envoyé d'Espagne à Joséphine par le roi Joseph. La vente s'en faisait publiquement tous les ans, et les prix s'élevaient à peu près à ceux de Rambouillet.

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