‹ Rueil, le chateau de Richelieu, la Malmaison, avec pièces justificativesChapitre 17 sur 32 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Ki-ule5 et saJIes d'asile.

Peu de communes offrent autant de ressources que Rueil pour Tinstruction des enfants; et, faut-il le dire? Il en est peu où Ton en profite moins. L'insouciance d'une part ; de Tautre un esprit d'intérêt mal entendu qui applique trop jeunes les enfants au travail, sans parler pour quelques-uns de la parcimonie qui leur fait regretter la mesquine rétribution mensuelle qu'il feudrait payer pour envoyer leurs enfants à l'école, tout concourt à perpétuer une ignorance que Ton ne trouve ni dans des provincos

éloignées de deux cents lieus de Paris , ni dans des contrées que d'aveugles préjugés nous empêchent de bien connaître. Nous avons vu plus d'un village au fond de la Calabre et des Abruzzes , où Ton aurait trouvé moins de jeunes gens ne sachant ni lire ni écrire qu'on n'en trouve à Rueil. Et ici ce n'est point la faute de l'administration : une école communale , des instituteurs particuliers , plusieurs écoles de fdles , tout est ouvert à des prix très-modiques. 230 garçons et 185 filles fréqtientent les écoles de Rueil ; mais il est fâcheux qu'on ne puisse trouver le moyen d'engager les parents à envoyer exactement leurs enfants à l'école pendant toute l'année et aux heures fixées pour l'entrée en classe * . Un grand nombre de ces enfants ne vpnt à l'école que pendant l'hiver, et se trouvent avoir oublié à leur retour , après une absence de six à huit mois, tout ce qu'ils avaient appris auparavant.

Salle d*a.«ile.

Une salle d'asile se construit en ce moment pour la première enfance ; l'administration apporte un grand zèle

' L*aneodote suivante donne une idée des motifs de la négligMoe apportée par quelques parents à Tinstruction de leurs enfants. Noos demandions un jour à Tun des plus riches cultivateurs de Rueil. Pourquoi donc n*enToyez-Toos pas vos enfants a Técole ? — C*est trop cher, me répondit-il ( 3 fr. par mois ) ! Après quelques pourparlers inutiles , je lui dis , tout ému de son avarice sordide : Tenea, père *** , vous êtes teUement intéressé que si Ton vous offrait cent sous pour chaque morceau de peau que l'on vous couperait, je crois que vous accepteriez ! — Tiens, pourquoi donc pas ? la peau repousse ! ( O Shylock, que nétait-tu la ! )

|jB 2 g M CA M Q

-4 cS U M S

•* « ço r*

as

à cet établissement ; et tout annonce néanmoins que d'al)surdes préventions empêcheront un certain nombre de parents, au moins pendant quelque temps, d'y envoyer les enfants. La proposition d'établir cette salle d'asile fut faite en 1838. Le prince Louis Napoléon souscrivit à cette œuvre pour 3,000 francs; M. Rhoné et sa famille donnèrent 1,100 francs. La commune fit la cession d'une partie du jardin de la mairie, et l'œuvre fut arrêtée par le mauvais vouloir de quelques beaux parleurs qui prétendaient que le tout n'était qu'une spéculation. En 1843, l'administration fit de nouvelles tentatives, et réussit enfin à réunir la somme nécessaire pour élever le bAUment qui est près d'être achevé, et qui pourra porter à juste titre le nom de salle modèle, surtout si la direction en est confiée à des mains habiles, et si le choix des directrices n'est pas le résultat de quelques coteries de la localité.

Établissements de bienfaisance.

1^ comité de bienfaisance et le bureau de charité de Rueil sont administrés de manière à servir do modèles à tous les établissements de ce genre. Déjà, depuis six ans, dès 1838, les membres du comité avaient réussi à éteindre la mendicité à Rueil, en donnant des secours à domicile. Des dames de Charité , remplies de zèle et de bienveillance , visitent les pauvres et leur distribuent

toutes les nécessités de la vie. 11 serait seulement à désirer (]ue la maison qui porte le nom de Maison des Pcawres fÙt établie sur d'autres bases. Il y aurait économie et meilleur choix dans les sujets qui y sont admis.

PenKÎunnaU.

Riieil a mainlenant deux pensionnats de jeunes gens , im pensionnat de demoiselles et un externat, donnant un total de 230 garçons et 185 filles. Le bon esprit et le zèle qui animent les directeurs et directrices de ces diverses maisons est pour les parents une sûre garantie de la bonne éducation donnée à leurs enfants.

(Voir, à Farticle Variétés, les notes qui nous ont été communiquées sur ces divers établissements. )

Page 1