‹ Rueil, le chateau de Richelieu, la Malmaison, avec pièces justificativesChapitre 24 sur 32 · STATUE DE LA REINE HORTENSE · texte numérisé non relu

STATUE DE LA REINE HORTENSE

Tombeau de la reine llorteiise.

Malgré toutes nos démarches , nous n'avons pu nous procurer le dessin du monument qui doit être élevé à la reine Hortense dans le milieu de la chapelle où reposent ses restes mortels. Ce mausolée qui devrait être placé depuis quatre ans, avait été confié, en 1839, au sculpteur Bartolini de Florence ; et ce n est qu'à lui seul qu'on doit imputer le retard, et non comme Tout fait quelques écrivains, au prince Louis, ou aux personnes chargées de ses affaires. Le monument proposé se compose d'un piédestal de marbre de diverses couleurs, portant sur chacune de ses quatre faces un médaillon ; sur le premier sont sculptées en bas-relief les armes d'Hortense ; sur le second est représentée la Charité, d'après une petite médaille frappée en son honneur ; le troisième et le quatrième offrent les divers attributs des arts libéraux, cultivés avec tant de succès par la reine Hortense. Sur le piédestal s'élève la statue de la reine. Elle est représentée à genoux, les mains croisées, dans l'attitude de la résignation. Presque tout le corps est enveloppé dans un voile.

On nous fait espérer que ce monument sera mis en place dans les premiers mois de œtte année (1845).

{Note communiquée par madame Snivuge de Fauerolleu , chargée de faire élever h motiument .\

Nous donnons ici quelques vers écrits par un inconnu dans rintérieur d'une couronne d'immortelles déposée sur le tombeau d'Hortense.

Un français plein de cœur, on «enriteer Bdèle, Chérissant ta mémoire et rempli (Tnn saint xèie. Dépose une cooronne aa pied de ton eeivoeil.

O triste anniversaire! Oh ! qa'il est gfmnd oe deail ! Captif en son pays, dans sa doideur amère.

Ton fils ne peut ici venir pleurer sa mère !

Diea puissant qui nous Tois, daigne veiller siir lui. Adoucis sim malheur et deviens son appui.

Vinite* au tombeau de JoM'phin^.

Une. réflexion se présente naturellement à la pensée de (|uiconque assiste au service célébré tous les ans, dans l'église de Rueil, le 29 mai, pour le repos de Tàme de rimpérairice Joséphine. Quelle puissance d*oubli le temps n'apporte-t-il pas avec lui ! Trente ans à peine se sont écoulés depuis la mort de Joséphine; et de tant d'individus qu'elle a protégés et enriciiis, quelques-uns seulement viennent unir leurs prières à celles de TÉglise; parmi tant de jeunes filles qu'elle a fait élever, qu'elle a dotées, une seule vient s'agenouiller sur sa tombe. Quelle confiance peuvent avoir les rois dans la religion des souvenirs?

11 est vrai que depuis dix ans la mort a fauché bien des gloires de l'Empire : plusieurs des protégés de la bonne Josépliine sont maintenant retenus au logis par leurs infirmités ; mais il en est encore beaucoup auxquels rien n'empêcherait de venir lui rendre un dernier devoir religieux, et ceux-là, chose toute naturelle, ce sont précisément ceux qui ont reçu d'dle les plus grands bienfaits. Nous ne les nommerons pas cependant ; car nous taisons le nom de la seule fenune fidèle à son souvenir ; de cette pieuse orpheline élevée par Joséphine, et qui tous les ans vient encore prélever sur sa modeste fortune l'offrande* d'un service pour sa prolectrice, le 19 mars « jour de sa

fête. Si la fidélité se voile, couvrons aussi les cœurs ingrats du manteau de Toubli.

Tant de bienfaits n'ont trouvé que des ingrats, tant de grâces, de bonté touchante, de douceur angélique n'ont pu vaincre F indifférence et Tégoïsme des personnages, devenus illustres plus tard, pour lesquels Joséphine ntercédait auprès de son époux dans le temps de sa toutepuissance. Us ne trouvent pas un moment pour les venir saluer dans la noble femme à qui ils devaient la vie!

En revanche les étrangers arrivent chaque année par milliers à Rueil, pour y visiter la dernière demeure de la bonne Impératrice, qu'ils ne connaissent que par l'histoire. L'église de Rueil est aujourd'hui une des curiosités que l'on se propose de visiter dans un voyage à Paris. Parmi les étrangers qui font annuellement le pieux pèlerinage, les Anglais se distinguent par leur nombre et leur empressement. En général c'est une chose curieuse que cet engouement dont nos voisins d'outre-mer se sont pris pour Napoléon , pour sa famille et pour les moindres reliques impériales; on ne sait si c'est chez eux une manie de plus, ou si poussés par une espèce de remords instinctif ils veulent protester par cette conduite, qui leur fait honneur du reste, contre la cruauté déloyale avec laquelle leur gouvernement a traité le prisonnier de Sainte-Hélène.

On peut évaluer à deux ou trois mille le nombi*e des personnes qui ont visité le tombeau de Joséphine pendant la dernière exposition des produites de l'industrie.

liitroducliuii du iiuirrouuier d*lucl«, du ouuélia tt d« pliuieurs autres plantes exotiques en France

Ce fut à Kueil que furent plantés les premiers marronniers d'Inde qui parurent en France. Us avaient été envoyés à M. Waldow, résident de l'électeur de Cologne qui avait à Rueil une assez belle maison de campagne dont parle Piganiol de la Force. Ce fut M. Waldow qui fit présent à Louis XIV des premiers marronniers qui parurent à Marly.

Les serres de l'Impératrice reçurent pendant plusieurs années les plantes exotiques apportées par les voyageurs et les marins français, et les répandaient ensuite parm' les amateurs d'horticulture. On cite entre autres le camélia, plusieurs espèces de bruyères, le catalpa, etc.

Nous avons parlé page 127 , de l'erreur générale sur l'hortensia.

On trouve à Rueil plusieurs amateurs éclairés d'horticulture. I^ dahlia y a donné de belles variétés, rntn» autres /a co^t/^/^e (/f Buftil.

PcMMM <k M. Mathiw.

En 1840, M. Mathias, maître de pension expérimenté* est venu établir à Rueil une institution qui depuis a fait d'étonnants progrès. Nous avons visité ce bel établissement , et nous trouvons qu'il n'y a rien d'exagéré dans les éloges qu'on lui donne.

Il fait vraiment honneur à son digne chef, qui ne recule devant aucun sacrifice pour procurer à ses élèves les mêmes avantages que tout bon père voudrait assurer à ses enfants.

Des dortoirs vastes , bien aérés, chauffés en hiver* distribués en trois compartiments pour les grands , les moyens et les petits élèves , tous surveillés par des maîtres ; une cour spacieuse pour les récréations qui sont courtes et fréquentes -, un hangar où les élèves trouvent un abri dans les mauvais temps, et sont séparés comme dans les dortoirs ; la nourriture de la famille, les soins vigilants et maternels de madame Mathias et des dames qu'elle s'est adjointes pour la propreté des élèves; la gymnastique si propre à développer leurs forces ; enfin les visites hebdomadaires d'un habile médecin de la faculté de Paris, tout contribue à entretenir dans cette maison une santé si florissante que l'infirmerie y est devenue pour ainsi dire inutile.

Un eoclésiasiiqiie vient chaque semaine bire à tous les élèves réunis des conférences religieuse^ dans lesquelles il .s'applique à faire connaître aux élèves y leurs devoirs envers Dieu, envers la société, envers eux-mêmes.

L'enseignement embrasse jusqu'à la troisième, les élu* des universitaires combinées avec les langues vivantes allemande, anglaise et italienne ; l'histoire , la géographie et les sciences mathématiques. Les élèves qui se destinent au commerce et à l'industrie y trouvent des études spéciales.

Les nombreux succès que cette maison a obtenus, sont de sûrs garants de la bonne direction des études.

Déjà plusieurs élèves ont été reçus avec honneur et distinction dans diverses écoles du gouvernement.

Un professeur de droit y fait un cours de code de commerce pour ceux qui veulent embrasser cette carrière. Un laboratoire de chimie et un cabinet de physique sont à la disposition des élèves les plus avancés et leur rendent la science plus facile au moyen de manipulations et d'expériences multipliées. Enfin , M. Hathias veille constamment à s'adjoindre pour chaque faculté des professeurs spéciaux. Ce qui fait que d'après l'examen scrupuleux que nous avons fait de cette institution sous les rapports religieux, intellectuel et hygiénique, nous pouvons affirmer, sans crainte d'être démentis, que cette sage et prévoyante administration a déjà contribué puissamment à assurer la stabilité et le succès d'une maison digne des suffrages de tous ceux qui s'intéressent à la jeunesse ; nous pouvons ajouter même que cette instilution , par la spécialité et la direction de ses études,

ne craint pas de rivale dans les environs de Paris. On peut voir, dans le chapitre de cet ouvrage qui traite des moyens de transport, qu'ils sont prompts, faciles et économiques de Paris à Rueil. Outre le che* min de fer de Saint-Germain qui a une station à Rueil, on trouve des voitures spéciales pour les personnes qui craignent les chemins de fer , et qui partent toutes les deux heures.

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