‹ Rueil, le chateau de Richelieu, la Malmaison, avec pièces justificativesChapitre 25 sur 32 · PKINTURK DU CONSEIL COMMUNAL DE EVEIL EN · texte numérisé non relu

PKINTURK DU CONSEIL COMMUNAL DE EVEIL EN

cours.

J'ai lu , dans certaine chronique Qu'autrefois la nation des chats Avait élu trois magistrats , Pour gouverner la république, (C'était Télite du pays) , Tous trois parfaitement unis.

Le premier, grave personnage , Était chéri dans le canton :

C'était un chat prudent et sage ;

C'était , en un mot , un Gaton.

Quoique faible de caractère , Aimant le bien , sachant le faire, N'ayant, comme on dit, rien à lui , Mais d'une confiance extrême , Et disant mal avec autrui Ce qu il aurait mieux fait lui-même.

Lie second , qui se tenait coi , Avait pourtant de sages vues ; Et , s'il commettait des bévues , C'était toujours de bonne foi.

Le troisième , un peu plus malin , Était un chat de bonne mine > D'un caractère assez bénin , Gras et fourré comme une hermine.

Tel était le Triumvirat Destiné par la Providence A gouverner le peuple chat.

Jamais de mésintelligence ; Chacun d'eux , selon son talent ,

Remplissail au mieux son office.

Rodilard était président , Gaspard avait pris la justice , Et Raton , le plus vigilant, S'était chaîné de la police.

Devant ce petit tribunal , Mainte cause était appelée Et fort éloquemment plaidée.

Gaspard , avocat général , Résumait l'affaire à merveille; On allait aux opinions , En se chuchotant à Toreille ; Ensuite les conclusions.

Pendant ce temps , Thonorable assistance Bâillait, attendant la sentence.

Puis , le président prononçait ; Puis , le public applaudissait :

Puis , au milieu de la tempête , On criait silence a tue-téte.

A cet ordre on obéissait ,

Chacun s en allait à la file , Content ou non , d'un air donx et docile.

Ce n'est pas tout : nos magistrats , Pour traiter les grandes affaires , Avaient choisi parmi les chais Vingt et un des plus débonnaires.

C'était un conseil permanent , On se réunissait souvent ; Survenait - il la moindre chose ?

Incontinent , par lettre close , Le conseil était invilé A se former en comité.

Toutefois , je suis véridique , Et , je ne le dis qu'à regret , Rarement , selon la chronique , Le conseil était au complet.

L'un s'absentait pour maladie , Un autre pour planter ses choux.

De peur de perdre quelques sous , Chacun jouait la comédie.

Âpres avoir bien attendu , Et s'être longtemps morfondu , Le président , d'impatience , Â la fin ouvrait la séance ; Posait Fétat de la question Avec ordre et précision.

Un membre , parlant sur raffaire , Ouvrait un avis salutaire.

Un autre , pour contrarier , Se mettait à déraisonner.

El bientôt , changeant de matière, Â l'occasion du grand chemin , Grisgris parlait de son jardin , Et Ratonnet du cimetière.

Ici deux chats se disputaient ; Deux autres plus loin miaulaient ; C'était un bruit , un tintamarre , A se croire dans le Tartare.

Cependant l'heure s'avançait ,

Rien encor ne se décidait.

to

— ans —

Le chef de notre aréopage Tâchait d'apaiser le Upage :

Mais , à force de criailler, On commençait à s'^pnuyer.

Un chat fuyait à la sourdine , Son camarade le suivait ; Un autre , sentant la cuisuie , Tout doucement déménageait.

Chacun ainsi disparaissant y Le bureau se trouvait yacant , Et la séance était levée , Mais non l'affaire terminée.

Un certain jour, Jean^Nîcolas Mouchot ,

Rusé matou , sous un frax air didiot , Vint se plaindre au conseil avec bruit et tapage.

Il s'agissait d'un morceau de fromage , Que Minette, la femmeàGrisgrisIe Miauleux, Avait pris à Mouchot surnommé le Plaideur.

Mouchot avait éborgné la femeUe^ Il était très- peu clerc, et se croyait le droit

De se faire justice en griffant bien la belle. Le Miauleux s'était plaint ; mais Mouchot plus adroit Entama le procès et s'en vint à la chambre ' , (jonsulter sur le cas notre intègre Gaspard.

Notre juge Técoute , et le prenant à part , Gomme fait d un conseil tout honorable memb re [jui montre dans la loi l'article positif Qui condamne et punit le chat un peu trop vif Qui se fait justice à lui-même.

Mouchot d'effroi pâlit , et devint blême.

Se rassurant , néanmoins le sournois , A Pinsu de Gaspard arrache en tapinois ,

De Tomnicolore volume La feuille où se trouvait cet article fatal , Qui doit le condamner devant le tribunal , Selon lui , contre la coutume.

Vient le jour du procès , la cause est appelée ;

Et quelques faux témoins prétendent que Mouchot

^ C'e»i ainsi que Ton nomme an village dans la banlieue de Paris, la salle oà siègent le maire et les adjoints pour juger les querelles, les rixe» et autres difTérends populaires. (Text un gns hen connu a In chnmhre.

N'a donné à Minette une atroce radée , Quli son corps défendant , par suite d'un coinpiol Ourdi par les Miaulenx pour manger sa pâtée.

Minette , à les entendre , en voleuse effrontée , Pillait pour ses enfants, pillait pour son époux ; On en dit tant , que Mouchot fut absous.

Je ne comprends plus rien au texte de la loi , Dit Gaspard à Mouchot • en certaine soirée , La loi te condamnait. — Je V savions , sur ma foi , Mais l'étions à l'abri : je l'avions déchirée.

Kineul<> rie Kueil

Il parait que de tout temps les vignerons de Kueil ont tenu à vendre leur récolle de vin chez eux , en Tannonçant par des branches de pin, de buis ou tout autre bouchon pendu au dessus de leur porte, comme cela se pratique encore aujourd'hui.

En 1598, le parlement de Paris porta un édit qui ordonnait aux habitants de Kueil de conduire leur vin à la place de Grève, à Paris, et leur interdisait entièrement la faculté de le vendre chez eux. La maréchaussée de Paris fut envoyée à Rueil pour faire exécuter cet édit, et, de là , l'émeute décrite en vers macaroniqdes , en 1599 , par Frey , sous le pseudonyme de Samon Faillyona. J^ recueil de pièces macaroniques, d'où nous avons tiré ce morceau de haute poésie , se trouve à la Bibliothèque royale, à la réserve.

Cette pièce est une des meilleures du genre , et les amateurs de la belle latinité la liront avec plaisir.

Nous n'avons pu trouver quel est le personnage auquel Fauteur dédie son œuvre. Cependant, d'après un des derniers vei*s du poème, où nous voyons les archers repoussés et battus se réfugier dans la maison du sénateiu' Laine, vo devait être quelque chose comme le bailli

ou maire de Tendroit , homme célèbre , du reste , ad potandtap vinum , un vrai précipice à vin , qui faisait concurrence avec les tonneaux et les foudres de Rueil , comme nous l'indiquent quelques autres vers.

RËCITUS VËRltABIUS

SUPKH TKRHIBILI KSMEUTA

PAYSANORUM DE RUELLIO.

Auctore SAMON FAILLYONA, Jano CœcUio FREY.

NOBILISSIMO CONSULTISSIMOQUE SENATORI LAYNATO.

Rustica barbaricis describo versibus arma ,

Nempe , quod agrestes carmen agreste decet,

Haec cape, Lainoee, augusti pars magna senatûs : Nil potuit melius rus tibi Ferre meum.

ESIEUTA RUELLIGA.

Ârcheros pistoliferos, furiamque manantum , Et grandem esmeutam, quae inopinum facta Ruellae est, Toiinumque alto troublantem corda clochero Totius populi , quodque est miserabile dictn , Troublantem parvos incinctae in ventre parentis , Âc prestres omnes , bardito carminé dicam.

Musae nudipedes , seu vos ad littora Chaton Gardetis vaccas, seu dejeunetis in agris, Seu potius vos noclurno brandone Lëinaci Bouchonnare juvat vites , grappasque volare , Dicite , cur animis tantaa vigneronibus irae ?

Mos luit ancienus de toto tenipore semper Gardatus ( veluti mundusque bonaBC|ue raconiani

Gentes', quique suae jain sunt in limine fossdB Viellardi ) , in pagis circum viliani situatis , In niaisone sua cueiilitum vendere vinum.

I>îullus facheuso muyos menare chemine Debuit ad Grevam : sed laetus spontè Ruellam Mercator veniens , bellàque bonàque monelâ Cuva vendangis achetabat vina peractis.

Heu! bonum ubi est tempus,cum spes dulcissimanutrix Âgricolis faisum noiebal jouere bondun) !

Sed Parlamentum , quo non parlantius ullum , Terque renommatum consilierisque jugisque , Ut villae audivit raliones atque raportos , Indommagaret mos hic quod granditer ipsam , Marchantesque alios , qui in Greva vendere debent; Partibus auditis , costumam cassât , et omnes Debotat, contra vellent quicunque venire. Hoc pendente , petit burgos inhonesta viçinos Pauperies, orphelinos tardamque senectam, Et vefuas nigrà portantes veste devillum Âtque famem macies jouis , oculisque cavatis Menans secum , omnesqiie ruas clamoribus impleos.

c< O grandis pietas ! tôt tantosque esse volores ^ Pro afiamatos post nos, post nostra valores , Qui velul borrendis inrageati oribus ui^i , Nos veluli lendros mangeant crudeliter agnos. Nos soli ferimus paisumque aestumque diei.

Ipsi mignones garnilse in sedibiis aulae Entretenant garças , bastonantesque laquaijos , Chicanant mundum , pillant et cuncta sacageant. Hoc unum miseris reslabat vendere vinum In pressore, ipsi nobis an te ora parentum , Heu ! vitam nobis nostrisque infantibus otant ! »

Taliter burlantis taclus pusietate Leihacus ^ Creditum ter maximum habens in corte Lenacus , Paupere pro mundo cunctos implorât amicos , Et viride , et siccum , et tolos santos Paradisi , Demonstrans vive fouiati incommoda peupii, Perlasque insignes et non reparabile damnum.

Cuncta nihil : nec unum servirunt omnia clavum , Curia nam penitus nullâ esbranlabilis arte est. Firmaque demorat , ceu durus , curia , roccus.

Hoc pendeDle, malum quo non esl grandius ulluin j Oedulilale potens, et sedilione dabaudans, Spai^il inaiiditos mendax dtscordia bruitos ; Nam canlal veluti cives » prîmusque Lenacus Nil aident , sed se moqiientque gal>entque Et de facto habeant miseris contraria corda , Et quod sollicitent nulla façone processum ; Et dedignentur solum uno «issistere moto.

His igitur plainctis mens est aegrita mananlum. Siculi cum Siri Janni chambriera saladam Per minimum depluchatis accommodai herbes :

Omnia piccanli parât et facit aegra vinegro.

Non allier conlrovatis Discordi.i diclis , Âegrivit lallax biberonae corda Kueliae.

Et quid demandas, pauconim raza virorum ?

Quid pensas tu ') Lenaco librare guerram ?

Illius num tu veluli poscribere viles Ex mollâ et paleâ slruclis bouchonibus «ludes? Scalato brandonatas resinis4]ue volalas?

Arrachare cepos et abandonnare cuique Vignam quae hebraeiim toties ebriavit othonem ?

Nec mora , foudroyans , sacrâ excommunio voce Jetlatiir, simul in magna querimonia missâ.

Eglisamque novo sponvantavêre periclo :

Ingressique chornm , venerandâ ubi veste sacerdos Dicturus Missam fuerat, populoque fréquent! , Imprudemmenter mesiàrunt sacra prophanis , Terribili minilando oculo , fîeroque regai-do , Effroyabiliter commençavêre criare , Jam proclametur, jamque excommunio passet In cunctos penitus vignerones atque rebelles.

Extemplo esmeutae signum toxinus ab altâ Turre strepens , rauco cassatae murmure clochae , 7ï» - tan - tin iterans , don don don donque sonabat. Extemplo effroyati animi , quivis maisone relictâ , Indomiti accurrunt, magno simul omne lumultu Troublatur querulo vulgus , jeunessaque brayans Effera , grisoniqiie senes , pleurosaque femma ,

Et trepidae maires eoibrassavére puellas , Mnlta reprochantes aegrîs grossîsque parolîs : ce Vos-ne , canes , nostris ausos succedere teclis .? Et vastare sacris benedictas prestribus aras ? Unius ob vignse grappas îrainque Le>aci ?

Sed qua se nigro nigriores daaoïone credunt , Cum sunt à reliquo sejuncti corpore Elglisae , Hinc minitabundi monitum empeschare secunduiu Entreprenant , potiusque prelrum detrudere chesa^ Qaam repetita eadem sacro sententia prono Dicatur celebri assembla festoque dimanchae.

Ast indignati mens irritata Lbnaci Empeschamentis pariter vult ire devantum.

Villa in Parisià brava est compagnia fratum Papilloniadum, docta escrimare scienter Poignardis , hallabardis , spadisque duabus * Ârcherosque inter longe celeberrima totos y Non est praevostus bl^esarum audacior iUis.

Praevostusque Islac non hardimenter ut ipsi Invadit malfaisantes , non giietus ita ensem

— ;{i9 — Igné reluisantem , pLstoletosque tirabit :

NuUus ainorçatis sic mousquetat harquebuziis y Indomptabiliter tan ta quoque nemo vitessâ Plurima larronum brigantuaique acta coërcel.

Hic cane abatuto simul ut venére Ruellam , Louangem vero grandem grandemque butinum Gagnatis , quando arcoati domptalis inermes ; Ât nostne vignae vestris sunt proïa laquayis y Nec unum dicemus motum , et moriemur inuiti ? Nos , durante ligua , contra defendimus hosteof) : Jamque revestiti nos gueusi impunè tuabunt !

Non ita ; per carnem , testam , sanguinemque sacratum Non ita ; per totos centum millena diablos ! >)

Sic super Archeros sese jettantque ruuntque , Et jam saxa volant frondis excussa manuque ; Saxa frequens animosarum quae turba puellarum Aggerit , et plenis tablieris gesta ministrat. Non ità crebra crepat super altis gresia tuillis Ut cracat in dorsis volitantum gre$la pierarum. Nec minus interea lornans archerica bridam

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